San Diego s’attaque à un arriéré colossal de projets d’infrastructure en adoptant une approche inédite : impliquer les entreprises dès la phase de conception, et non plus seulement pour l’exécution des travaux. Cette transformation, approuvée par le conseil municipal, vise à maîtriser les coûts, améliorer la qualité et accélérer la réalisation des chantiers.
À retenir
- San Diego fait appel aux entrepreneurs pour concevoir les projets d’infrastructure, une rupture avec la méthode traditionnelle.
- La ville doit combler un déficit de 6,5 milliards de dollars (environ 5,9 milliards d’euros) pour financer ses projets d’infrastructure sur les cinq prochaines années.
- Cette nouvelle approche sera appliquée à des projets majeurs tels que le remplacement du barrage Hodges et l’extension du centre de congrès.
Contexte
La ville de San Diego est confrontée à un besoin urgent de modernisation de ses infrastructures, dont une grande partie date des années 1950, 1960 et 1970, période de forte croissance démographique. Le retard accumulé s’élève à près de 12 milliards de dollars (environ 11,1 milliards d’euros) pour les cinq prochaines années, alors que les ressources disponibles ne devraient atteindre que 5,5 milliards de dollars (environ 5,1 milliards d’euros). Cet écart, qui a plus que triplé depuis 2020, est le plus important jamais enregistré par la ville.
Jusqu’à présent, la ville confiait la conception des projets à ses propres ingénieurs ou à des architectes externes, avant de lancer un appel d’offres basé sur le prix le plus bas. Cette méthode est désormais remise en question.
Ce qui change
La nouvelle stratégie s’articule autour de deux modèles principaux : la « conception-construction progressive » et la « gestion de construction à risque ». Dans les deux cas, l’entrepreneur est associé dès le début du processus de conception, ce qui permet une meilleure compréhension des objectifs, une plus grande transparence et la possibilité d’innover pour optimiser la qualité et réduire les coûts.
Concrètement, les entreprises sélectionnées sur leurs compétences devront proposer un prix maximum garanti à mi-parcours de la conception. La ville pourra alors accepter ce prix ou choisir un autre entrepreneur. Bien que certains projets puissent démarrer plus lentement, les responsables estiment que cette collaboration précoce permettra d’éviter les dépassements de coûts et d’accélérer globalement la réalisation des chantiers.
Les premiers projets concernés par cette nouvelle approche incluent le remplacement du barrage Hodges, l’agrandissement du centre de congrès, la construction de nouveaux canaux de drainage dans le sud-est de San Diego (une zone touchée par des inondations en janvier 2024), la caserne de pompiers 49 à Otay Mesa, un centre de formation conjoint pour la police et les pompiers à Kearny Mesa, ainsi que la deuxième phase du projet Pure Water, le système de recyclage des eaux usées de la ville.
Prochaines étapes
Bien que San Diego n’ait jamais utilisé ces méthodes auparavant, d’autres collectivités locales les ont déjà adoptées avec succès, notamment pour la construction du nouveau terminal 1 de l’aéroport international de San Diego, de la sous-station du shérif de Ramona et de l’extension de la ligne bleue du tramway jusqu’à University City. Les responsables municipaux espèrent que cette nouvelle approche permettra de moderniser les infrastructures de la ville plus rapidement et plus efficacement.
« La participation précoce de l’entrepreneur est essentielle », souligne Matthew Fleming, un entrepreneur local. Michael Daneshvar, de Turner Construction, estime que cette décision est « une meilleure valeur pour la ville de San Diego et pour les contribuables ». Mike Guzzi, de Clark Construction, ajoute que cette nouvelle méthode encouragera les entreprises les plus compétentes à soumissionner pour les projets municipaux.
« Nous devons élargir les options », a déclaré la conseillère municipale Marni von Wilpert, soulignant l’importance de disposer de plusieurs outils pour mener à bien les projets de la ville.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Déficit d’infrastructure sur 5 ans | 6,5 milliards de dollars (environ 5,9 milliards d’euros) |
| Projets d’infrastructure prévus sur 5 ans | 12 milliards de dollars (environ 11,1 milliards d’euros) |
| Ressources disponibles sur 5 ans | 5,5 milliards de dollars (environ 5,1 milliards d’euros) |
Sources
Déclaration de Rania Amen, ingénieur municipal de San Diego.
Déclaration de Sean Elo-Rivera, membre du conseil municipal.