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Les infirmières soulignent l’urgence de vacciner les patients immunodéprimés

Publié le 16 octobre 2025 16h16:00. Face à l'augmentation du nombre de patients immunodéprimés en Espagne, les professionnels de santé soulignent l'importance cruciale de la vaccination, souvent compromise par un manque d'information et des idées reçues. Un webinaire…

Les infirmières soulignent l’urgence de vacciner les patients immunodéprimés

Publié le 16 octobre 2025 16h16:00. Face à l’augmentation du nombre de patients immunodéprimés en Espagne, les professionnels de santé soulignent l’importance cruciale de la vaccination, souvent compromise par un manque d’information et des idées reçues. Un webinaire récent a mis en lumière les spécificités de la vaccination pour ces populations vulnérables.

  • Le Conseil général des soins infirmiers (CGE) déplore le manque de connaissances et la désinformation autour de la vaccination chez les patients immunodéprimés.
  • La vaccination est particulièrement importante pour les patients atteints de cancer, de maladies rhumatologiques et de diabète, nécessitant une approche personnalisée et un suivi rigoureux.
  • Les infirmières jouent un rôle central dans l’information, l’administration et le suivi des vaccins pour ces patients.

L’Espagne compte un nombre croissant de patients dont le système immunitaire est affaibli, que ce soit en raison d’une maladie sous-jacente ou de traitements médicaux. Malgré cette vulnérabilité accrue, le Conseil général des soins infirmiers (CGE) constate avec regret que de nombreux patients renoncent à la vaccination, influencés par un manque d’information fiable et la propagation de fausses nouvelles. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la vaccination représente une protection essentielle contre des infections potentiellement graves.

L’importance de la vaccination chez les patients immunodéprimés a été au cœur d’un récent webinaire intitulé « Vaccination chez les patients immunodéprimés », organisé avec le soutien de GSK dans le cadre du programme de bourses et de formation continue de l’Institut Supérieur de Formation en Santé (ISFOS). Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une approche individualisée, tenant compte des spécificités de chaque patient.

Les patients atteints de cancer, les personnes souffrant de maladies rhumatologiques et les diabétiques sont particulièrement concernés. Pour ces populations, l’évaluation précise de leur statut immunitaire, le choix des vaccins les plus adaptés et une coordination étroite entre les différents professionnels de santé, notamment les infirmières, sont « essentiels », ont souligné les représentants du CGE. « Nous parlons de personnes particulièrement vulnérables, pour lesquelles les infections évitables peuvent avoir des conséquences plus graves et qui nécessitent une approche personnalisée, fondée sur des preuves scientifiques et coordonnée entre différents professionnels de santé. Le rôle des infirmières est déterminant, car nous participons activement à l’indication, à l’administration et au suivi des vaccins », explique Pilar Fernández, directrice de l’ISFOS.

Pilar Fernández a également souligné la nécessité pour les professionnels de santé de se tenir « formés et à jour » afin de garantir des soins optimaux, d’inspirer confiance aux patients et de prévenir les complications graves. « Ce webinaire est né précisément avec cette vocation : former, partager des expériences et renforcer la pratique professionnelle. Les infirmières, en tant que premier contact du patient avec le système de santé, accompagnent, informent et répondent aux questions, mais dans le cas des patients immunodéprimés, ce travail exige des connaissances actualisées et une vision globale de la personne, et pas seulement de sa maladie », a-t-elle ajouté.

« Dans le cas des patients immunodéprimés, la vaccination nécessite des connaissances actualisées et une vision globale de la personne, et pas seulement de sa maladie »

Pilar Fernández, directrice de l’ISFOS

Patricia García, infirmière en rhumatologie à l’hôpital Ramón y Cajal de Madrid, a précisé que les infections constituent une complication fréquente chez les patients rhumatologiques, en raison de leurs pathologies auto-immunes et des traitements qu’ils reçoivent. Le manque de vaccination les expose « entièrement » à ces infections évitables.

Pour ces patients, il est crucial de profiter de la « fenêtre immunologique », c’est-à-dire la période où ils reçoivent la dose minimale de traitement immunosuppresseur ou immunomodulateur pour mettre à jour leur calendrier vaccinal. Cela permet d’éviter les contre-indications liées aux vaccins contenant des virus vivants atténués et d’optimiser la réponse immunitaire, car « le système immunitaire des patients recevant certaines thérapies aura moins de capacité à réagir aux vaccins ».

Les patients atteints de cancer sont également particulièrement vulnérables, leur maladie affaiblissant déjà leur système immunitaire. À cela s’ajoutent souvent des traitements immunosuppresseurs, tels que la chimiothérapie, qui peuvent entraîner des cytopénies (diminution des cellules sanguines). L’âge avancé de certains patients constitue un facteur de risque supplémentaire. Par conséquent, un patient atteint de cancer est plus susceptible de contracter une infection, qui peut entraîner une hospitalisation voire, dans certains cas, le décès, a expliqué Raquel Badillo, infirmière de pratique avancée en oncologie à l’hôpital Rey Juan Carlos (Madrid).

« Le système immunitaire des patients recevant certaines thérapies aura moins de capacité à réagir aux vaccins »

Raquel Badillo, infirmière de pratique avancée en oncologie à l’hôpital Rey Juan Carlos (Madrid)

Il est donc idéal que les patients atteints de cancer aient un calendrier de vaccination complet avant de commencer la chimiothérapie. La vaccination doit être effectuée entre les cycles de chimiothérapie, en évitant le nadir (période de toxicité hématologique maximale). Certains vaccins sont recommandés, tels que ceux contre l’ hépatite B, la COVID-19, la grippe, le zona et le pneumocoque conjugué, tandis que les vaccins contenant des virus vivants atténués sont contre-indiqués.

Le webinaire s’est également penché sur la situation des patients diabétiques, qui présentent un risque accru d’infections respiratoires, urinaires ou cutanées. « Ce ne sont pas à proprement parler des patients immunodéprimés au sens classique du terme, mais il est vrai que leur système immunitaire peut être modifié, par exemple par le stress, ce qui peut entraîner une altération de leur contrôle métabolique et avoir des conséquences graves », a expliqué María José Menor, présidente de la Faculté d’infirmières d’Ourense et infirmière experte en diabète.

La vaccination des patients diabétiques doit être adaptée à leur âge et à leur état clinique. L’experte a souligné que cette vaccination est « rentable pour le système de santé » et « très sûre pour les patients ». Il est important de tenir compte des comorbidités éventuelles et des traitements suivis, tels que l’immunothérapie. María José Menor recommande également la vaccination des personnes vivant en contact étroit avec les patients diabétiques (conjoints, membres de la famille, soignants) afin de créer un « bouclier protecteur ».

*Le contenu de ConSalud est préparé par des journalistes spécialisés dans le domaine de la santé et approuvé par un comité d’experts de haut niveau. Nous recommandons toutefois au lecteur de consulter un professionnel de la santé pour toute question relative à la santé.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.