Publié le 21 octobre 2025 à 08h37. Sanae Takaichi a été élue ce lundi Première ministre du Japon, une première historique pour le pays. Sa nomination intervient après la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale et suscite des attentes quant à sa politique économique et sécuritaire.
- Sanae Takaichi est la 104e personne à occuper le poste de Premier ministre japonais et la première femme à le faire depuis la création du système de cabinet en 1885.
- L’indice Nikkei a atteint des sommets historiques suite à son élection, anticipant des mesures économiques favorables.
- La nouvelle Première ministre entend faire de la sécurité nationale une priorité, avec une augmentation potentielle des dépenses militaires.
Sanae Takaichi a été élue à l’issue d’un vote parlementaire extraordinaire, obtenant plus de la moitié des 237 voix lors de l’élection à la nomination du Premier ministre à la Chambre des représentants. Elle succède ainsi à un paysage politique en pleine mutation, après le retrait du parti Komeito de la coalition au pouvoir il y a plus d’une semaine. Pour assurer sa majorité, elle a conclu un accord avec le Conseil de réforme, portant le nombre de sièges de sa coalition à 231 sur les 465 sièges de la Chambre des représentants. Elle espère obtenir le soutien de quelques députés indépendants pour atteindre la majorité absolue de 233 sièges.
« Aujourd’hui est un point de départ », a déclaré Takaichi après son élection. « J’espère que nous travaillerons tous ensemble pour renforcer l’économie du Japon et faire du Japon un pays responsable envers les générations futures. »
L’annonce de sa nomination a eu un impact immédiat sur les marchés financiers. L’indice Nikkei Stock Average a augmenté de plus de 700 points, approchant la barre des 50 000 points. Les analystes estiment que le marché est optimiste quant à la politique économique de la nouvelle équipe gouvernementale, anticipant des mesures budgétaires proactives et une stabilité politique intérieure.
En matière de sécurité, Sanae Takaichi a annoncé qu’elle accorderait la priorité à trois documents liés à la « Stratégie de sécurité nationale ». Elle envisage notamment d’atteindre l’objectif fixé de 2 % du produit intérieur brut (PIB) pour les dépenses de défense d’ici 2027, et pourrait même envisager de les augmenter davantage. Le gouvernement prévoit de financer cette augmentation par une hausse de l’impôt sur le revenu des sociétés, de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et des taxes sur le tabac.
Sanae Takaichi est issue d’un milieu modeste, son père étant employé de bureau chez Toyota Motor Company et sa mère policière. Elle se distingue ainsi des figures politiques traditionnelles, souvent issues de familles influentes. Une analyse de Yahoo News Hong Kong souligne que son parcours est atypique pour une femme politique japonaise.
Cependant, la nouvelle Première ministre suscite également des interrogations, notamment sur ses positions conservatrices en matière de questions de genre et de succession impériale. Elle s’oppose au système sélectif des noms de famille pour les couples et maintient le système d’enregistrement des ménages où les époux portent le même nom de famille. Elle est également opposée à l’autorisation pour les femmes d’hériter du trône impérial, estimant que la question de la modification du système d’héritage patrilinéaire est « très sérieuse ». Le Rapport mondial sur l’écart entre les sexes du Forum économique mondial indique que le Japon se classe au 118e rang sur 148 pays en matière d’égalité des sexes, un indice de 0,666 (sur 1).
Sanae Takaichi devrait prononcer un discours politique vendredi 24 octobre devant les deux chambres du Parlement, où elle exposera ses orientations pour la révision du document de sécurité nationale.
