Publié le 7 décembre 2025 à 21h48. Le gouvernement espagnol a annoncé la mise à l’écart de son haut fonctionnaire Antonio Hernández, bras droit de l’ancien conseiller de la Moncloa, Francisco Salazar, au cœur d’une enquête pour harcèlement sexuel. Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions internes au sein du PSOE, le parti au pouvoir.
- Antonio Hernández, directeur de la Coordination politique au sein du Cabinet de la Présidence du Gouvernement, ne conservera pas son poste.
- Son départ est présenté comme une « cessation convenue et partagée » par des sources gouvernementales.
- L’affaire intervient alors que le PSOE est confronté à une crise interne liée aux accusations de harcèlement sexuel visant Francisco Salazar et d’autres responsables.
Le Conseil des ministres se prononcera mardi prochain sur le départ d’Antonio Hernández, comme l’a révélé Eldiario.es et confirmé par RTVE. Cette décision fait suite aux plaintes déposées pour harcèlement sexuel contre Francisco Salazar, l’ancien conseiller de la Moncloa, et vise à prendre de la distance avec cette affaire qui empoisonne l’atmosphère politique. Parallèlement, Hernández quittera également ses fonctions de responsable du Secrétariat des données, de l’analyse et de la prospective au sein du PSOE andalou.
Hernández avait été cité par les plaignantes comme un potentiel « complice » des agissements de Salazar envers les employées du parti, des accusations qu’il a toujours niées. Malgré ces dénégations, le gouvernement estime que sa présence à son poste n’est plus tenable.
Selon des sources gouvernementales, il s’agit d’une décision prise d’un commun accord. Hernández aurait lui-même « compris que la situation n’était pas viable » depuis qu’il a pris connaissance des accusations. La Moncloa affirme avoir agi avec « franchise » et souligne que, bien qu’il conteste les faits qui lui sont reprochés, Hernández « comprend qu’il doit se retirer pour le bien du gouvernement ».
Le départ de Hernández aurait été coordonné ce dimanche par Diego Rubio, chef de cabinet de Pedro Sánchez, et María Jesús Montero, première vice-présidente et figure de proue des socialistes andalous.
Cette affaire a mis en lumière des dysfonctionnements internes au PSOE, qui se présente comme un parti féministe. Des militantes et élues socialistes ont exprimé leur malaise face à la gestion des plaintes, connues depuis juillet dernier. Trois parlementaires ont même exigé, dans un article publié dans El País, une « transformation féministe profonde » du parti, soulignant la nécessité d’une cohérence entre le discours public et les pratiques internes, et la fin de toute forme de protection des agresseurs.
Pedro Sánchez a d’ailleurs présenté ses excuses samedi pour la « mauvaise gestion » de ces affaires, assumant l’entière responsabilité de la situation. Il a également nié toute tentative de dissimulation et a proposé l’aide du parti aux victimes qui souhaiteraient porter plainte. « C’était une erreur, non préméditée », a-t-il déclaré.
Environ 300 femmes du PSOE de Malaga ont déjà apporté leur soutien au manifeste publié jeudi par la secrétaire à l’Égalité de la province, condamnant « de manière claire et ferme » toute forme de harcèlement, de violence ou de comportement sexiste. Ce soutien intervient après la plainte déposée par une militante socialiste de Torremolinos (Malaga) contre Antonio Navarro, le secrétaire général du PSOE local, suspendu de ses fonctions, pour harcèlement sexuel présumé. Le slogan affiché est clair : « Pas une seule femme, pas une attaque sans réponse ».
L’affaire Salazar devrait également dominer la prochaine séance de contrôle au Congrès, mercredi prochain, où l’opposition, en particulier le Parti populaire, compte mettre la pression sur le gouvernement. Le PP a d’ailleurs déposé une proposition de réforme visant à obliger les ministres à justifier leurs absences aux séances plénières, dénonçant une tentative de fuite face à ce scandale. Sept ministres seront absents de cette séance, ce qui, selon le PP, témoigne d’une volonté d’éviter de répondre aux questions sur l’affaire.
