Home DivertissementSandra Bullock and Billy Bob Thornton Can’t Save the Lame ‘Our Brand Is Crisis’

Sandra Bullock and Billy Bob Thornton Can’t Save the Lame ‘Our Brand Is Crisis’

by Antoine Girard

Une nouvelle satire politique, Our Brand Is Crisis, tente de décortiquer les mécanismes d’influence des consultants américains lors d’élections à l’étranger, mais peine à trouver son propre élan, se contentant de mettre en scène Sandra Bullock dans un rôle qui semble taillé sur mesure pour elle.

L’intrigue s’inspire d’événements réels survenus en Bolivie en 2002. Gonzalo Sánchez de Lozada, ancien président bolivien (1993-1997), se présentait à nouveau à la présidence, aidé par le cabinet de conseil politique américain Greenberg Carville Shrum (GCS). Un documentaire réalisé par Rachel Boynton en 2005, portant le même titre, Our Brand Is Crisis, avait déjà exploré cette intervention américaine. Le film de Boynton montrait comment GCS avait réussi à faire élire Sánchez de Lozada avec seulement 22,46 % des voix, en utilisant des techniques de campagne typiquement américaines. L’impopularité de la décision de Sánchez de Lozada d’exporter le gaz naturel bolivien vers le Mexique et les États-Unis via le Chili avait ensuite déclenché des manifestations et des affrontements violents. Sa démission et sa fuite aux États-Unis en octobre 2003 avaient fait au moins 70 morts, principalement des civils.

Le documentaire de Boynton mettait en lumière une approche cynique, où les consultants privilégiaient les profits à l’idéologie. Selon Jeremy Rosner, stratège principal de GCS, le cabinet se concentrait sur « une politique progressiste pour le profit », c’est-à-dire favoriser les candidats pro-mondialisation, en partant du principe que les plus pauvres bénéficieraient toujours d’une économie de marché libérale. James Carville, figure emblématique de GCS, se distinguait par son charisme et son pragmatisme, semblant peu concerné par les subtilités de la politique bolivienne. Cependant, le cœur du documentaire résidait dans l’interview de Rosner, qui, avec une certaine hésitation, admettait que GCS avait contribué au chaos et à la violence en se concentrant sur la forme plutôt que sur le fond et en soutenant un candidat impopulaire.

Dans l’adaptation de David Gordon Green, Sandra Bullock incarne Calamity Jane Bodine, une stratège de campagne usée qui est rappelée pour affronter son ancien rival, Pat Candy, interprété par Billy Bob Thornton. Le film établit rapidement que Jane est une ancienne gloire déchue, dont la responsabilité est pointée du doigt dans une précédente défaite électorale. On apprend également qu’elle mène une vie solitaire, sans famille ni attache. Cependant, le film peine à développer les personnages secondaires, malgré la présence d’acteurs talentueux tels qu’Anthony Mackie, Ann Dowd, Scoot McNairy et Zoe Kazan, qui se retrouvent relégués à des rôles secondaires.

La tension entre Jane et Candy, qui repose sur un passé trouble, manque de conviction en raison du manque de synchronisation entre Bullock et Thornton. Le film aborde brièvement l’idéalisme de Mackie, qui a passé du temps dans un monastère bouddhiste, mais ne parvient pas à donner de la profondeur aux personnages. L’objectif du film, qui est de critiquer l’influence des consultants américains sur les élections étrangères, est affaibli par le désir du public de voir Bullock et ses alliés triompher de Thornton et de son candidat.

Le film se rapproche, dans une certaine mesure, de Sicario de Denis Villeneuve, qui explore également les conséquences morales de l’intervention dans des situations complexes. Our Brand Is Crisis propose une fin plus optimiste, où la décision de Jane de faire ce qu’il faut semble suffire à racheter ses erreurs passées, avant que la violence ne puisse éclater.

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