Publié le 18 décembre 2025 05:45:00. Une consommation régulière de fromages gras comme le brie, le gouda ou le cheddar pourrait être associée à un risque réduit de démence, selon une étude suédoise de longue haleine. Les chercheurs soulignent toutefois que ces résultats ne sont pas définitifs et ne remettent pas en cause les recommandations générales pour une alimentation équilibrée.
- Une étude suédoise menée sur plus de 27 000 personnes pendant 25 ans suggère un lien entre la consommation de fromages gras et un risque plus faible de démence.
- Les participants consommant au moins 50 grammes de fromage gras par jour (environ deux tranches) présentaient un taux de démence inférieur à celui de ceux qui en consommaient moins de 15 grammes.
- L’étude ne démontre pas de lien de causalité et d’autres facteurs liés au régime alimentaire et au mode de vie pourraient expliquer ces résultats.
Les amateurs de fromage peuvent se réjouir : une nouvelle étude apporte un élément de surprise dans la prévention de la démence. Des chercheurs de l’Université de Lund, en Suède, ont observé que les personnes ayant l’habitude de consommer régulièrement des fromages riches en matières grasses pourraient bénéficier d’une protection contre cette maladie neurodégénérative. Leurs travaux, publiés dans la revue Neurology, s’appuient sur un suivi de plus de 27 000 participants pendant une période de 25 ans.
Au début de l’étude, les participants avaient en moyenne 58 ans. Ils ont été invités à tenir un journal alimentaire détaillé pendant une semaine, en précisant la fréquence de consommation de différents aliments au cours des années précédentes, ainsi que leurs méthodes de préparation. Les chercheurs ont ensuite suivi l’évolution de leur santé cérébrale sur le long terme.
Les résultats ont révélé une différence notable entre les groupes de consommateurs de fromage. Parmi ceux qui consommaient au moins 50 grammes de fromage par jour – soit l’équivalent d’environ deux grosses tranches – avec une teneur en matières grasses supérieure à 20 %, seulement 10 % ont développé une démence à la fin de la période d’observation. En comparaison, ce chiffre atteignait 13 % chez ceux qui en consommaient moins de 15 grammes. Un effet similaire a été observé chez les personnes consommant régulièrement de la crème ou de la crème fraîche.
Cependant, l’étude précise que le beurre, les produits laitiers allégés, ainsi que le yaourt, le babeurre ou le kéfir n’ont pas montré d’effet significatif sur la santé cérébrale. Les auteurs de cette étude observationnelle suggèrent que ces différences pourraient être liées à d’autres substances présentes dans les matières grasses du lait, telles que certaines vitamines, et non pas uniquement à la teneur en matières grasses elle-même. Il est important de noter que les chercheurs n’ont pas établi de lien de causalité direct.
La question des graisses saturées, longtemps pointée du doigt par les médecins et les nutritionnistes, est ainsi relancée. Faut-il revoir les recommandations en matière d’alimentation ?
« La situation est plus complexe en ce qui concerne les produits laitiers. Les habitudes nutritionnelles et les besoins génétiques varient considérablement d’une région à l’autre. Des chercheurs japonais, par exemple, n’ont pas réussi à établir de lien entre la consommation de fromage et la démence. »
Tian-Shin Yeh, épidémiologiste à la Harvard Medical School
L’épidémiologiste Tian-Shin Yeh souligne également que l’étude n’a pas pris en compte la possibilité que les produits laitiers aient remplacé d’autres aliments moins sains, comme la viande rouge ou les sucreries. De plus, le régime alimentaire des participants n’a été enregistré qu’au début de l’étude, ce qui limite la portée des conclusions, car les habitudes alimentaires et le mode de vie peuvent évoluer avec le temps.
Richard Oakley, de la Société Alzheimer du Royaume-Uni, rappelle que d’autres facteurs restent primordiaux dans la prévention de la démence : arrêter de fumer, pratiquer une activité physique régulière, adopter une alimentation équilibrée et limiter sa consommation d’alcool. Il a déclaré au UK Science Media Center que ces mesures se sont avérées plus efficaces que de se concentrer sur un seul groupe d’aliments.
En définitive, l’idée fondamentale demeure : une alimentation saine, qui protège le cœur et les vaisseaux sanguins, contribue également à préserver la santé du cerveau et à réduire le risque de démence avec l’âge.