Publié le 12 octobre 2023. La Dordogne se lance dans une ambitieuse stratégie pour limiter l’exposition de ses habitants aux perturbateurs endocriniens, des substances chimiques insidieuses présentes dans de nombreux produits du quotidien et potentiellement dangereuses pour la santé.
Le Département de la Dordogne a officialisé vendredi 10 octobre son plan « zéro perturbateurs endocriniens », fruit d’un an de collaboration entre les services départementaux, les acteurs de santé, de l’environnement et du secteur social. La signature du plan a réuni Germinal Peiro, président du Conseil départemental, Delphine Camblanne, directrice de la Caisse primaire d’assurance maladie, et Didier Couteaud, directeur départemental de l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine.
Ces substances chimiques, capables de perturber le système hormonal même à faibles doses, sont omniprésentes. On les retrouve dans les emballages alimentaires, les textiles, les meubles, les cosmétiques, les jouets, les pesticides et les produits ménagers. L’exposition peut se faire par inhalation, ingestion ou contact cutané.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les perturbateurs endocriniens peuvent affecter la reproduction, le développement, le métabolisme et le système nerveux. Leurs effets peuvent se manifester des années après l’exposition et se transmettre potentiellement à plusieurs générations. Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les adolescents sont particulièrement vulnérables. La communauté scientifique établit un lien croissant entre ces substances et l’augmentation de certaines maladies chroniques, des cancers et des troubles du développement.
Ce plan s’inscrit dans la continuité des actions menées par le Département depuis plusieurs années pour réduire la pollution chimique. Le Département a ainsi anticipé la réglementation nationale en mettant fin à l’utilisation des pesticides pour l’entretien des espaces verts et des routes, et accompagne les communes dans l’adoption de pratiques alternatives via la charte « Zéro Pesticide » et le label « Villes et villages fleuris ». De plus, les 350 agents départementaux chargés de l’entretien des bâtiments et des collèges ont reçu une formation sur l’utilisation de produits d’entretien moins nocifs.
Le plan départemental s’articule autour de trois axes principaux : la réduction des perturbateurs endocriniens dans l’alimentation, la promotion d’environnements sains et la fédération des acteurs du territoire. Concernant l’alimentation, le Département souhaite encourager la consommation de produits locaux, biologiques et peu transformés, ainsi que soutenir l’approvisionnement en circuits courts pour la restauration collective et les producteurs périgourdins. Le deuxième axe vise à promouvoir l’utilisation de matériaux écoresponsables, à former les acheteurs publics et à diffuser les bonnes pratiques d’entretien et d’aération dans les établissements et les lieux de vie. Enfin, le troisième axe prévoit la mise en place d’un suivi régulier, le partage d’expériences et la création d’une gouvernance commune pour évaluer l’efficacité des actions entreprises.
Le lancement du plan a été marqué par une journée dédiée à la santé environnementale. Une conférence du Dr Jean-François Harlet, délégué Nouvelle-Aquitaine du Réseau Environnement Santé, a été présentée aux étudiants des campus universitaires, de la MFR et de l’Institut de Formation en Soins Infirmiers. Le grand public a été invité à une soirée ciné-débat gratuite au Centre départemental Joséphine-Baker de Périgueux, autour d’un documentaire sur les perturbateurs endocriniens, suivi d’un débat avec des experts.
Avec ce plan, le Département de la Dordogne réaffirme son engagement en faveur d’un environnement plus sain et d’une meilleure protection de la santé de ses habitants.
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