Publié le 12 octobre 2025 17:43:00. L’Afrique se prépare à célébrer sa richesse culturelle à travers la deuxième Journée internationale du patrimoine culturel immatériel, une occasion de mettre en lumière des traditions ancestrales et des savoir-faire uniques, tout en soulignant la nécessité d’un soutien accru pour leur préservation.
- De nombreux pays africains organisent des événements pour valoriser leurs traditions, rituels et industries culturelles.
- Le Bénin a attiré plus de 435 000 participants à ses célébrations Vodun en janvier 2025.
- La préservation du patrimoine immatériel africain est compromise par un manque de financement et de reconnaissance institutionnelle.
À travers le continent, des initiatives diverses témoignent de l’importance accordée au patrimoine culturel immatériel. Au Sénégal, le Musée des civilisations noires de Dakar propose des ateliers et des expositions interactives dédiés aux instruments de musique traditionnels et aux danses rituelles, en collaboration avec des artisans et des groupes culturels locaux. Au Maroc, la ville de Fès a organisé des conférences mettant en avant l’artisanat traditionnel, notamment le zellige (mosaïques ornementales) et l’art du henné, permettant aux artisans de partager leur expertise avec un public varié.
Ces célébrations s’inscrivent dans le cadre de la Journée internationale du patrimoine culturel immatériel, lancée par l’UNESCO pour promouvoir la diversité des pratiques culturelles vivantes à travers le monde. Cette initiative est soutenue par les communautés locales, les organisations non gouvernementales et les États signataires de la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
L’art occupe une place centrale dans ce patrimoine. Des pratiques ancestrales telles que le tissage du tissu Faso Danfani au Burkina Faso, la poterie en Côte d’Ivoire – comme en témoigne la poterie Mangoro – et la sériciculture (culture de la soie) en Éthiopie, illustrent la transmission de savoirs précieux de génération en génération. Ces pratiques ne sont pas seulement des expressions artistiques, mais aussi des éléments constitutifs de l’identité sociale et des moteurs d’innovation culturelle.
Lors de la première édition de cette journée, le Togo avait accueilli une conférence sur « La sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel immatériel en Afrique subsaharienne : état des lieux et perspectives », soulignant l’urgence de préserver ces traditions et savoir-faire locaux.
Le Bénin a particulièrement mis en avant sa culture Vodun avec les Journées Vodun de janvier 2025, qui ont rassemblé plus de 435 000 personnes. L’événement a présenté des danses Egungun (esprits ancestraux), des séances de divination Fâ et d’autres spectacles traditionnels, dans le but de promouvoir une meilleure compréhension de cette religion et de lutter contre les stéréotypes négatifs qui l’entourent.
Malgré ces efforts, la sauvegarde du patrimoine immatériel africain reste un défi majeur. La documentation de ces pratiques, leur transmission aux générations futures et leur reconnaissance institutionnelle nécessitent un soutien financier et politique accru. Sans investissements conséquents, la richesse et la diversité de ce patrimoine risquent de se perdre.
Fériol Bewa
