Publié le 4 décembre 2025 à 22h49. La Cour Suprême de Justice du Mexique a confirmé la décision de ne pas retirer la société financière Crédito Real de la Bourse mexicaine (BMV), malgré sa liquidation, estimant que cette situation ne justifie pas une radiation de ses actions.
- La Cour Suprême a rejeté l’argument de Crédito Real selon lequel son inscription à la BMV entrave son processus de liquidation.
- Les magistrats ont jugé que la loi sur le marché des valeurs mobilières prévoit clairement les conditions d’annulation d’une inscription au Registre National des Valeurs Mobilières (RNV).
- Crédito Real, suspendue de la BMV depuis 2022, est considérée comme une entreprise dite « zombie » sur le marché boursier.
La Cour Suprême de Justice de la Nation (SCJN) a statué à l’unanimité en faveur du maintien de Crédito Real à la Bourse mexicaine (BMV), rejetant ainsi la demande de radiation de la société financière en liquidation. Les magistrats ont estimé que le simple fait d’être en procédure de liquidation ne constitue pas un motif suffisant pour justifier l’annulation de ses actions.
Le projet, approuvé à l’unanimité, a été présenté par le magistrat Arístides Rodrigo Guerrero García, qui a souligné que Crédito Real n’avait pas apporté d’arguments convaincants pour démontrer l’inconstitutionnalité de l’article 108 de la loi sur le marché des valeurs mobilières. Il a précisé que cette même loi définit les motifs précis qui peuvent entraîner l’annulation d’une inscription au Registre National des Valeurs Mobilières (RNV).
« L’article 108 de la Loi sur le marché des valeurs mobilières ne présente aucun défaut, en établissant clairement les hypothèses et les exigences pour l’annulation des inscriptions dans ledit registre. »
Arístides Rodrigo Guerrero García, magistrat rapporteur
Crédito Real avait argumenté que l’application de cette règle l’empêcherait de mener à bien son processus de liquidation et de restructuration, entamé en 2023. Cependant, la Cour a estimé que cet argument ne justifiait pas une intervention.
La ministre Loretta Ortiz Ahlf a approuvé le fond du projet, mais a exprimé une réserve en soulignant que certains paragraphes pourraient être interprétés comme impliquant qu’une entreprise en liquidation ne peut pas demander l’annulation de l’enregistrement de ses titres. Elle a suggéré une analyse plus approfondie de cette question.
« Dans tous les cas, je m’écarterais des paragraphes 56 à 59, car ils semblent supposer qu’une société commerciale en liquidation ne peut pas demander l’annulation de l’enregistrement des titres. »
Loretta Ortiz Ahlf, ministre
Selon elle, le problème soulevé par Crédito Real ne porte pas sur la constitutionnalité de la loi, mais sur la nécessité d’une formulation plus précise dans le contexte spécifique de la faillite.
Crédito Real est suspendue de la BMV depuis 2022 et est souvent qualifiée d’entreprise « zombie » sur le marché boursier, car elle reste inscrite sans pour autant être active ou émettre des informations. La société avait été déclarée en faillite par un juge fédéral la même année, après avoir manqué au paiement d’une prime de 170 millions de francs suisses (environ 183 millions d’euros) en février.
La société avait également déposé une demande de protection contre la faillite aux États-Unis, en vertu du chapitre 11 de la loi sur les faillites de l’État du Delaware, ainsi qu’une demande de chapitre 15 dans le cadre de sa restructuration. Selon ses dirigeants, le maintien de son inscription à la BMV et au RNV engendre des coûts importants, estimant à plusieurs milliers de pesos les frais à débourser.
Fondée en 1993 en tant que branche financière de l’entreprise de meubles Mabe, Crédito Real s’était distinguée par l’octroi de prêts accessibles aux personnes à faibles revenus, mais également par la pratique de taux d’intérêt élevés. En 2024, la société a annoncé la fin de son insolvabilité commerciale après l’approbation d’un accord avec ses créanciers, la même année où elle a déposé le recours examiné par la Cour Suprême.
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