Home Technologie et scienceSe nourrissant des déchets de batteries usagées, une nouvelle bactérie signale une nouvelle méthode de recyclage autosuffisant des batteries

Se nourrissant des déchets de batteries usagées, une nouvelle bactérie signale une nouvelle méthode de recyclage autosuffisant des batteries

by Thomas Caron

Publié le 22 octobre 2025 19:41:00. Des chercheurs du Boston College ont découvert qu’une bactérie capable de prospérer dans des milieux extrêmement acides peut décomposer les composants des batteries usagées, ouvrant la voie à un recyclage plus écologique et autonome de ces déchets électroniques.

  • Une bactérie, Acidithiobacillus ferrooxydans (Atf), peut se nourrir du fer présent dans les batteries usagées.
  • Ce processus permet de séparer les matériaux des électrodes, facilitant leur recyclage.
  • La recherche suggère que l’ajout de sulfate, un composant habituellement nécessaire à la croissance de la bactérie, n’est pas indispensable.

Face à l’essor de la société électrifiée et à la multiplication des appareils fonctionnant sur batterie, la gestion des batteries usagées représente un défi majeur. La production de nouvelles batteries nécessite des ressources importantes, tandis que l’accumulation de batteries hors d’usage pose des problèmes environnementaux. Les méthodes de recyclage actuelles sont souvent énergivores et peuvent impliquer l’utilisation de produits chimiques dangereux.

Pour répondre à ces enjeux, le professeur de chimie Dunwei Wang, le professeur agrégé de biologie Babak Momeni et leurs collègues ont exploré le potentiel de Acidithiobacillus ferrooxydans (Atf), une bactérie naturellement adaptée aux environnements acides. Leur étude, publiée dans la revue ACS Sustainable Resource Management, révèle que cette bactérie est capable d’utiliser le fer contenu dans les batteries usagées comme source de nourriture.

« Il s’agit d’une étape cruciale dans l’étude de la possibilité de cultiver la bactérie en utilisant les matériaux déjà présents dans les batteries usagées comme source de nourriture », explique le professeur Wang. « Plus précisément, nous avons utilisé du fer, un matériau couramment utilisé dans les boîtiers de batteries. Nos résultats montrent que les bactéries peuvent effectivement se développer avec cette nouvelle source de nourriture, et la solution résultante est très active pour recycler les batteries usagées. »

L’équipe a également découvert que la bactérie pouvait se développer sans la présence de sulfate, un autre composant essentiel de son alimentation habituelle. Selon le professeur Wang :

« Nos résultats suggèrent que l’activité de la bactérie ne dépend pas de la présence de sulfate. »

Dunwei Wang, professeur de chimie

Cette découverte est significative car elle pourrait simplifier le processus de recyclage en éliminant la nécessité de transporter de grandes quantités de cette substance potentiellement toxique.

De manière surprenante, les chercheurs ont constaté que l’acier inoxydable, un matériau encore plus courant dans les batteries réelles que le fer pur, était encore plus efficace pour nourrir la bactérie.

« La découverte selon laquelle l’acier inoxydable fonctionnait mieux que le fer pur était en effet une surprise. Cela est dû au fait que l’acier inoxydable est un mélange complexe. Nous ne nous attendions pas à ce qu’il fonctionne aussi bien. Mais il s’agit d’une évolution inattendue notable, car l’acier inoxydable est plus couramment rencontré dans les vraies batteries. »

Dunwei Wang, professeur de chimie

Les chercheurs travaillent désormais à optimiser l’efficacité du recyclage en faisant évoluer la bactérie. Ils prévoient également de construire des prototypes de batteries utilisant des matériaux recyclés afin de démontrer qu’elles offrent des performances comparables à celles des batteries traditionnelles fabriquées à partir de matériaux neufs. L’étude a été menée avec la contribution de Wei Li, Brooke Elander, Mengyun Jiang et Mikayla Fahrenbruch.

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