Home SantéSe préparer à la saison des virus respiratoires : un guide pour les familles

Se préparer à la saison des virus respiratoires : un guide pour les familles

by Sophie Martin

Publié le 17 novembre 2025 14h36. Avec l’arrivée de la saison hivernale et la recrudescence des virus respiratoires, les pédiatres s’inquiètent d’une possible augmentation des cas de virus respiratoire syncytial (VRS), particulièrement dangereux pour les nourrissons et les personnes âgées.

  • Les experts anticipent entre 3,6 et 6,5 millions de consultations médicales liées au VRS aux États-Unis cette saison.
  • De nouveaux traitements, comme l’anticorps monoclonal Beyfortus, contribuent à réduire l’impact de la maladie chez les nourrissons à risque.
  • Le respect des gestes barrières (lavage des mains, port du masque) et la vaccination contre la COVID-19 et la grippe restent essentiels pour limiter la propagation des virus respiratoires.

La saison du virus respiratoire syncytial (VRS) s’étend généralement de septembre à avril, avec un pic d’infections durant les mois d’hiver. Meghan Faulkner, infirmière praticienne certifiée en soins aigus pédiatriques et formatrice clinique à la Rutgers School of Nursing, souligne l’importance de la préparation et de la prévention face à cette menace saisonnière.

« Je me prépare depuis près de 20 ans à l’impact du VRS en tant que professionnelle de santé pédiatrique », explique-t-elle. Les estimations des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) pour la saison 2024-2025 prévoient entre 3,6 et 6,5 millions de consultations médicales, 190 000 à 350 000 hospitalisations et 10 000 à 23 000 décès aux États-Unis.

Historiquement, les nourrissons, les personnes immunodéprimées et les personnes âgées étaient les plus vulnérables. Cependant, l’arrivée de traitements préventifs comme Beyfortus (nirsevimab) pour les nourrissons et les jeunes enfants à risque a permis d’atténuer l’impact global du VRS. Dans sa pratique, Meghan Faulkner constate une diminution du nombre d’enfants hospitalisés pour bronchiolite due au VRS, grâce également aux progrès des techniques de ventilation non invasives, comme les canules nasales à haut débit.

Plusieurs facteurs influencent la gravité de l’infection par le VRS, tant chez les enfants que chez les adultes. Le virus provoque une bronchiolite, ou infection des voies respiratoires, souvent associée à une inflammation due à l’obstruction des voies aériennes. Les nouveau-nés et les jeunes nourrissons sont particulièrement à risque en raison de leur immunité immature, de leur difficulté à expectorer le mucus et de la souplesse de leurs voies respiratoires. Les nourrissons prématurés, ceux souffrant de maladies pulmonaires ou de cardiopathies congénitales sont encore plus exposés aux complications.

Les enfants plus âgés et les adultes atteints de pathologies pulmonaires préexistantes, telles que l’asthme ou la fibrose kystique, ou présentant une immunodéficience, peuvent également développer des complications comme une pneumonie ou une détresse respiratoire. Dans la majorité des cas, le VRS se manifeste chez les personnes en bonne santé par des symptômes similaires à ceux d’un rhume.

Comment les parents peuvent-ils distinguer une simple infection du VRS nécessitant une surveillance attentive d’une situation plus grave ? La maladie dure généralement environ 14 jours, avec une aggravation des symptômes entre le quatrième et le sixième jour. Une fièvre, un écoulement nasal avec du mucus épais, une toux et une perte d’appétit sont des signes courants d’une infection légère. Les parents peuvent soulager les symptômes en aspirant le mucus, en administrant des antipyrétiques comme le paracétamol ou l’ibuprofène et en veillant à une bonne hydratation.

Cependant, certains symptômes doivent alerter et nécessitent une consultation médicale immédiate : respiration rapide, difficultés respiratoires (narines dilatées, tirage intercostal, mouvements de la tête pour respirer), léthargie, respiration sifflante ou coloration bleutée de la peau ou des lèvres.

Plusieurs options de prévention sont disponibles cette saison. En juillet 2023, la Food and Drug Administration (FDA) a approuvé l’anticorps monoclonal Beyfortus pour la prévention des formes graves de VRS chez les nourrissons et certains enfants jusqu’à 24 mois. Des anticorps monoclonaux sont également disponibles pour certains adultes, notamment les femmes enceintes entre la 32e et la 36e semaine de gestation pour protéger leur bébé, les nourrissons de moins de 8 mois dont la mère n’a pas été vaccinée pendant la grossesse, les jeunes enfants de 8 à 19 mois présentant un risque accru, les personnes âgées de 75 ans et plus, et les adultes de 50 à 74 ans à risque.

Auparavant, le palivizumab (Synagis) était réservé aux nourrissons à risque, notamment les prématurés ou ceux souffrant de cardiopathie congénitale. Synagis n’est plus disponible. Des études cliniques ont démontré l’efficacité du nirsevimab pour réduire la gravité de la maladie chez les personnes les plus vulnérables. « Je recommande vivement aux familles de discuter de l’éligibilité, de la disponibilité et des bénéfices de cette prévention avec leur médecin lors des visites de routine et à l’approche de la saison du VRS », insiste Meghan Faulkner.

Face à la menace combinée du VRS, de la COVID-19 et de la grippe, il est crucial de limiter la propagation des maladies respiratoires. Les personnes malades doivent éviter tout contact avec les autres jusqu’à ce que leur fièvre ait disparu depuis plus de 24 heures, sans prise d’antipyrétiques. Cette règle s’applique également au retour à l’école ou à la garderie, où les virus circulent facilement. Une hygiène rigoureuse des mains, le port du masque en cas de symptômes respiratoires et la vaccination annuelle contre la COVID-19 et la grippe sont également des mesures essentielles pour se protéger et protéger les autres. En savoir plus sur l’inflammation.

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