Publié le 8 novembre 2025 à 18h30. L’Assemblée nationale a adopté la partie recettes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, ouvrant la voie au débat sur la suspension de la réforme des retraites, malgré de vives tensions et des accusations croisées entre les différents groupes politiques.
- L’adoption de la partie recettes s’est faite sans recours à l’article 49.3, après des débats animés.
- Des divergences majeures persistent entre les partis, notamment sur les recettes nécessaires pour financer le système de santé.
- Plusieurs amendements, notamment sur la taxation des boissons énergisantes alcoolisées et des sucres ajoutés, ont été adoptés ou rejetés au cours de la journée.
Le vote de ce vendredi soir marque une étape cruciale dans l’examen du PLFSS. L’adoption de la partie recettes, avec 176 voix pour et 161 contre, permet désormais aux députés de se pencher sur les dépenses, et donc sur la proposition de suspendre la réforme des retraites, une mesure très controversée.
Sébastien Lecornu a réagi à l’adoption du texte sur X, se disant « preneur acte » de ce vote. Il a souligné que les discussions parlementaires se poursuivent et que le gouvernement reste à la disposition des députés et sénateurs.
« Ce vote est une étape, les discussions parlementaires continuent. Plus que jamais, le gouvernement se tient à disposition des députés et sénateurs pour la suite des débats. »
Sébastien Lecornu
L’opposition, quant à elle, a exprimé son mécontentement. Jean-Philippe Tanguy (RN) a dénoncé une « magouille entre le PS et les macronistes », tandis qu’Hadrien Clouet (LFI) a déploré « un jour extrêmement sombre pour tous les assurés de ce pays ».
« Je trouve ça pitoyable qu’une partie de la gauche vienne donner des leçons de responsabilité en pensant qu’être responsable c’est faire payer les malades, les personnes en situation de handicap, les soignants. Non, il n’y a aucune responsabilité à ruiner des hôpitaux. »
Hadrien Clouet, député LFI
Le groupe écologiste a justifié son abstention par la volonté de permettre la poursuite des débats sur les dépenses de la sécurité sociale, tout en soulignant que « le compte n’y est pas » en termes de nouvelles recettes.
Prisca Thevenot (Renaissance) a accusé le RN et LFI de jouer un double jeu, se disputant publiquement tout en s’accordant en coulisses pour faire capoter le texte. Jean-Luc Mélenchon (LFI) a, pour sa part, dénoncé l’adoption de « l’infâme partie recettes » du projet de loi.
« Le PS fait adopter l’infâme partie recettes du projet de loi de Lecornu sur la Sécu. Pensez-y: tous ces députés ont été élus sur un programme promettant le contraire. Seule LFI a mené le combat à gauche et tenu parole en votant contre le budget de Lecornu. »
Jean-Luc Mélenchon
Olivier Faure (PS) a estimé que les socialistes avaient « fait leur devoir » en votant pour la partie recettes, permettant ainsi le débat sur la suspension de la réforme des retraites. Il a accusé le RN et LFI de « faire le jeu du pire » en votant contre.
Parmi les autres décisions prises par les députés, on note l’adoption d’une taxe sur les boissons énergisantes alcoolisées, perçue comme un « fléau » pour les jeunes, et d’une taxe sur l’hexane, un solvant neurotoxique utilisé par l’industrie agroalimentaire. Plus d’informations sur la taxe sur l’hexane. Un amendement conditionnant l’accès à la Protection universelle maladie (PUMA) à une cotisation minimale pour les ressortissants hors-UE a également été voté. Détails sur l’amendement concernant les retraités étrangers.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est déclaré « optimiste » quant au vote du budget de la Sécurité sociale, tout en se disant prêt à « réfléchir » à une suspension de la mesure controversée concernant la prime de Noël, si de nouvelles recettes sont identifiées. Plus d’informations sur la prime de Noël.
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