Publié le 8 janvier 2026. Une étude mondiale révèle que la combustion de déchets plastiques pour le chauffage et la cuisine est une pratique beaucoup plus répandue qu’on ne le pensait, notamment dans les pays en développement, avec des conséquences potentiellement graves pour la santé publique et l’environnement.
- Près d’une personne sur trois interrogée dans 26 pays a connaissance de foyers brûlant du plastique.
- 16 % des personnes interrogées ont elles-mêmes eu recours à cette pratique.
- Les chercheurs soulignent les risques liés à l’inhalation d’émissions toxiques et à la contamination des aliments.
La combustion de plastique, souvent perçue comme une solution de dernier recours face à la pauvreté énergétique et à la mauvaise gestion des déchets, est une réalité préoccupante dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Une étude récente, publiée dans la revue Communications Nature, met en lumière l’ampleur de ce phénomène et ses dangers.
L’étude, menée auprès de plus de 1 000 personnes, incluant des chercheurs, des fonctionnaires et des responsables communautaires, révèle que cette pratique n’est pas uniquement motivée par le manque de moyens financiers. Elle représente également une réponse informelle à la prolifération des déchets plastiques mal gérés. Selon le Dr Bishal Bharadwaj, auteur principal de l’étude et chercheur associé à l’Université de Calgary, « il était difficile d’obtenir des données précises » sur cette question, et les résultats de cette recherche apportent des preuves mondiales significatives.
« Lorsque les familles ne peuvent pas se permettre des carburants plus propres et ne disposent pas d’une collecte fiable des déchets, le plastique devient à la fois une nuisance et une source d’énergie de dernier recours. Nous avons trouvé des preuves de personnes brûlant tout, des sacs et emballages en plastique aux bouteilles et emballages, juste pour répondre aux besoins fondamentaux des ménages. »
Dr Bishal Bharadwaj, auteur principal de l’étude, Université de Calgary
Les risques pour la santé sont multiples. La combustion du plastique libère des composés toxiques tels que les dioxines, les furanes et les métaux lourds. Des recherches antérieures ont même identifié la présence de ces substances dans des œufs provenant de poules élevées à proximité de sites de brûlage de plastique.
La professeure Peta Ashworth, directrice du Curtin Institute for Energy Transition à Perth et co-auteure de l’étude, explique que cette situation est le résultat d’une « confluence de problèmes ». Elle souligne que les populations les plus vulnérables, souvent sans ressources pour se procurer des sources d’énergie propres, sont particulièrement touchées. L’OCDE prévoit que les déchets plastiques mondiaux vont presque tripler d’ici 2060, ce qui aggravera encore le problème.
« Cela s’explique en partie par le fait que ces personnes sont plus vulnérables et qu’elles n’ont tout simplement pas les fonds nécessaires pour pouvoir acheter une quelconque forme de cuisine propre [fuel]. »
Professeur Peta Ashworth, directrice du Curtin Institute for Energy Transition
Les chercheurs appellent les gouvernements à améliorer les programmes de gestion des déchets et à faciliter l’accès à des méthodes de cuisson plus propres, par le biais de subventions et d’autres mesures. Ils suggèrent également la mise en place de campagnes d’information sur les dangers de la combustion du plastique et l’exploration de nouvelles technologies pour une incinération plus propre. Face à une urbanisation rapide qui dépasse la capacité des services essentiels, l’urgence d’agir est de plus en plus pressante.
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