Home SantéSelon une étude, l’utilisation post-partum des GLP-1 a augmenté en raison de l’augmentation des médicaments amaigrissants

Selon une étude, l’utilisation post-partum des GLP-1 a augmenté en raison de l’augmentation des médicaments amaigrissants

by Sophie Martin

Publié le 26 novembre 2025 23:20:00. L’utilisation de médicaments populaires pour la perte de poids, les agonistes du récepteur GLP-1, est en forte augmentation chez les jeunes mères, malgré un manque crucial de données sur leur sécurité pendant l’allaitement. Une étude danoise révèle une tendance inquiétante, soulevant des questions sur les risques potentiels pour les nourrissons.

  • Le nombre de prescriptions de médicaments GLP-1 a été multiplié par plus de 40 chez les femmes ayant accouché entre 2018 et 2024.
  • Les chercheurs suggèrent que la principale motivation de cette augmentation est la perte de poids, et non la gestion de conditions médicales préexistantes.
  • Les effets de ces médicaments sur les changements hormonaux post-partum et leur possible transfert dans le lait maternel restent largement inconnus.

La période suivant l’accouchement est une phase de transformation profonde pour le corps des femmes. Entre les nuits blanches, les bouleversements hormonaux et la récupération physique, les nouvelles mères sont confrontées à de nombreux défis. Dans ce contexte, de plus en plus de femmes se tournent vers des solutions rapides pour retrouver leur silhouette, notamment les médicaments de la classe des agonistes du récepteur GLP-1 (glucagon-like peptide-1). Ces médicaments, commercialisés sous des noms tels qu’Ozempic et Wegovy, sont initialement prescrits pour le traitement du diabète de type 2, mais sont devenus populaires pour leur capacité à favoriser la perte de poids.

Une récente étude menée au Danemark, et publiée dans le Réseau JAMA, met en lumière une augmentation significative de la prescription de ces médicaments chez les femmes dans les mois suivant l’accouchement. En 2018, moins de cinq prescriptions de GLP-1 étaient délivrées pour 10 000 femmes ayant accouché. Ce chiffre a grimpé à 173 prescriptions pour 10 000 femmes en 2024, ce qui représente près de 2 % de toutes les nouvelles mères.

Mette Bliddal, chercheuse à l’Université du Danemark du Sud à Odense, souligne l’importance de cette observation :

« En quelques années seulement, les médicaments GLP-1 sont devenus un véritable élément des soins post-partum pour de nombreuses femmes, même si la période post-partum est une période où le corps subit déjà des changements hormonaux majeurs, une perte de poids naturelle et un retour progressif à l’équilibre physiologique. »

Mette Bliddal, Université du Danemark du Sud

L’étude révèle également que la plupart des femmes qui ont eu recours à ces médicaments après l’accouchement n’en avaient pas pris auparavant, ce qui suggère que la perte de poids est la principale raison de leur utilisation. Il est important de rappeler que le corps des femmes subit une perte de poids naturelle après l’accouchement, due à la perte de liquide et aux changements hormonaux. En moyenne, une femme perd environ 6 kilogrammes (13 livres) pendant l’accouchement et continue de perdre du poids dans les jours qui suivent. Les taux d’œstrogène et de progestérone diminuent, tandis que les taux d’ocytocine et de prolactine augmentent, des changements qui varient d’une femme à l’autre et sont influencés par l’allaitement, selon Parents.

Cependant, les effets des agonistes du récepteur GLP-1 sur ces processus naturels restent inconnus. Le Dr Jonathan Zipursky, pharmacologue clinicien et toxicologue à l’Université de Toronto, met en garde :

« Nous ne savons tout simplement pas comment les médicaments amaigrissants interagissent avec ces processus ou s’ils pourraient affecter la récupération physiologique normale. »

Dr Jonathan Zipursky, Université de Toronto

Un autre sujet de préoccupation concerne le passage potentiel de ces médicaments dans le lait maternel et les risques pour les bébés allaités. Bien qu’une étude publiée en 2024 dans le Journal de l’Association médicale canadienne suggère que ces médicaments pénétreraient peu dans le lait maternel et seraient probablement décomposés dans l’estomac des nourrissons, le manque de données solides incite à la prudence. Le Dr Zipursky recommande d’éviter l’utilisation de ces médicaments pendant l’allaitement :

« Je pense que par mesure de prudence, ils ne devraient pas être utilisés pendant l’allaitement. »

Dr Jonathan Zipursky, Université de Toronto

Cette situation souligne la nécessité urgente de mener des recherches approfondies sur la sécurité et l’efficacité des agonistes du récepteur GLP-1 chez les femmes qui allaitent, afin de protéger la santé des mères et de leurs bébés. Le New York Times a également couvert cette étude, soulignant l’importance de cette question de santé publique.

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