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Selon une étude, un test sanguin par piqûre d’aiguille pourrait détecter la maladie 10 ans avant l’apparition des symptômes | Recherche médicale

Publié le 2025-11-20 00:01:00. Une étude mondiale sans précédent, menée grâce aux données de la UK Biobank, ouvre la voie à des tests sanguins simples capables de détecter les premiers signes de maladies graves, parfois plus de dix…

Selon une étude, un test sanguin par piqûre d’aiguille pourrait détecter la maladie 10 ans avant l’apparition des symptômes | Recherche médicale

Publié le 2025-11-20 00:01:00. Une étude mondiale sans précédent, menée grâce aux données de la UK Biobank, ouvre la voie à des tests sanguins simples capables de détecter les premiers signes de maladies graves, parfois plus de dix ans avant l’apparition des symptômes.

  • Des analyses de près de 250 composés présents dans le sang de 500 000 volontaires permettent d’établir des profils métaboliques précis.
  • Ces profils, combinés aux dossiers médicaux, offrent une prédiction du risque de développer des maladies telles que le diabète, les maladies cardiaques, le cancer et la démence.
  • Les chercheurs espèrent que ces avancées conduiront à une médecine plus préventive, axée sur la détection précoce et l’adaptation du mode de vie.

Une révolution dans la détection précoce des maladies se profile grâce à une étude d’envergure menée par la UK Biobank, un vaste projet de recherche britannique. En analysant les niveaux de près de 250 protéines, sucres, graisses et autres composés présents dans le sang de 500 000 volontaires, les scientifiques ont pu établir des profils métaboliques complexes, offrant un aperçu détaillé de la physiologie de chaque individu.

Ces profils, lorsqu’ils sont croisés avec les antécédents médicaux et les registres de décès, permettent de prédire le risque de développer une multitude de pathologies. « Cela va vraiment changer la donne pour notre travail », affirme le Dr Joy Edwards-Hicks de l’Université d’Édimbourg, qui étudie l’impact des modifications des métabolites sanguins sur le système immunitaire. « Des tests plus prédictifs réorienteront les soins de santé vers la prévention des maladies plutôt que vers leur traitement. »

« Si nous disposons d’indicateurs précoces de maladie, nous pouvons dire à une personne dans la quarantaine que ses biomarqueurs ne semblent pas bons pour son âge et la conseiller sur les changements qu’elle pourrait apporter. »

Dr Joy Edwards-Hicks, Université d’Édimbourg

La UK Biobank a collaboré avec Nightingale Santé pour mesurer ces centaines de métabolites clés, incluant les sucres, les acides aminés, les graisses, les précurseurs hormonaux et les déchets métaboliques comme l’urée. Ces molécules sont produites ou utilisées par l’organisme lors de la digestion des aliments, de l’utilisation de l’énergie, de la réparation des tissus et de la croissance.

Les changements observés dans ces profils métaboliques reflètent et influencent l’apparition des maladies. Un foie malade peut entraîner une augmentation du taux d’ammoniac, un rein endommagé peut augmenter les niveaux d’urée et de créatine, des lésions musculaires peuvent se traduire par une hausse du lactate, et en cas de cancer, l’absorption du glucose tend à augmenter. L’image que les scientifiques tirent de ces profils est souvent plus complète que celle fournie par d’autres tests, car les métabolites sont influencés non seulement par la génétique, mais aussi par le mode de vie : alimentation, activité physique, exposition à la pollution et niveau de stress.

“Ces profils métaboliques capturent toutes les prédispositions génétiques et leurs conséquences, ainsi que les expositions environnementales, ce qui nous donne un instantané de l’état physiologique d’une personne”, explique le Dr Julian Mutz du King’s College de Londres. “C’est aussi très dynamique, contrairement à la génétique qui est, par exemple, fixe.”

Les chercheurs utilisent déjà ces profils métaboliques, mais l’accès à des données concernant 500 000 volontaires permet de développer des tests plus fiables et applicables à un plus large éventail de pathologies. Le Dr Mutz travaille notamment sur la prédiction du risque de démence. Si les tests peuvent identifier un risque accru 10 à 15 ans à l’avance, les médecins pourront intervenir plus tôt pour aider les patients à réduire les facteurs de risque.

L’épidémiologiste moléculaire Dr Najaf Amin et son équipe de l’Université d’Oxford ont également eu un accès anticipé à ces 500 000 profils métaboliques. Leurs analyses ont révélé des différences dans la façon dont les hommes et les femmes vieillissent et développent des maladies liées à l’âge, comme le cancer. “Nous allons maintenant approfondir l’étude de l’utilisation des médicaments chez les hommes et les femmes”, ajoute-t-elle, ce qui pourrait permettre de déterminer si le sexe d’une personne influence l’efficacité de certains traitements.

La UK Biobank, lancée en 2006, permet aux scientifiques agréés d’établir des liens entre le mode de vie, la génétique, l’environnement et la santé en combinant les dossiers médicaux, l’imagerie et désormais ces profils métaboliques exhaustifs. “L’étude des métabolites est un moyen puissant de dévoiler de nouveaux signes avant-coureurs d’une maladie, de comprendre comment les maladies apparaissent et évoluent et de suivre l’efficacité des traitements”, conclut le professeur Naomi Allen, scientifique en chef à la UK Biobank.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.