Publié le 5 janvier 2024 10h58. Le sommeil, pilier de notre santé physique et mentale, est de plus en plus menacé en Argentine, avec des conséquences alarmantes sur le bien-être de la population. Des experts mettent en garde contre un manque de repos chronique, exacerbé par la pandémie, et soulignent l’importance d’adopter de bonnes habitudes pour favoriser un sommeil réparateur.
- Environ 21 % de la population argentine dort moins de huit heures par nuit.
- Entre 38 et 39 % souffrent d’insomnie ou de sommeil interrompu.
- Un mauvais sommeil affecte la cognition, la santé mentale, le système cardiovasculaire et l’immunité.
Le sommeil est bien plus qu’une simple pause nocturne. C’est durant cette période que l’organisme se régénère, répare les tissus, régule les hormones, consolide la mémoire et renforce le système immunitaire. Un repos insuffisant ou de mauvaise qualité perturbe ces processus vitaux, avec des répercussions significatives sur la santé globale.
« Pendant le sommeil, des mécanismes essentiels au bon fonctionnement de l’organisme sont activés. Le sommeil profond favorise la récupération physique, tandis que le sommeil paradoxal joue un rôle central dans la régulation émotionnelle et la mémoire. Dormir peu ou avec des réveils fréquents perturbe ces équilibres délicats », explique la Dre Valeria El Haj.
Selon les données issues d’enquêtes menées par le ministère national de la Santé et diverses sociétés scientifiques, le manque de sommeil est une réalité préoccupante en Argentine. Plus d’un Argentin sur cinq (21 %) dort moins de huit heures par nuit, et près de la moitié de la population (entre 38 et 39 %) se plaint d’insomnie ou d’un sommeil fragmenté. De plus, les études menées pendant et après la pandémie de Covid-19 ont révélé une augmentation notable des troubles du sommeil, en particulier chez les adolescents et les adultes.
Les recommandations internationales préconisent un sommeil de 7 à 9 heures par nuit pour les adultes, et encore plus pour les enfants et les adolescents. Cependant, les spécialistes insistent sur le fait que la quantité d’heures n’est pas le seul facteur déterminant. La qualité du sommeil, caractérisée par sa continuité, la rapidité d’endormissement et l’absence de réveils nocturnes fréquents, est tout aussi importante.
Que se passe-t-il lorsque nous dormons mal ?
Les conséquences d’un sommeil déficient sont multiples et touchent différents systèmes de l’organisme. Sur le plan cognitif, le manque de sommeil entraîne une diminution de l’attention, un ralentissement de la pensée, une augmentation des erreurs et une altération de la mémoire. En matière de santé mentale, un repos insuffisant favorise l’irritabilité et augmente le risque d’anxiété et de dépression.
L’impact s’étend également au système cardiovasculaire, un mauvais sommeil étant associé à l’hypertension artérielle, aux arythmies, aux maladies coronariennes et à un risque accru d’accident vasculaire cérébral. De même, le manque de sommeil affaiblit le système immunitaire, augmentant les processus inflammatoires et réduisant les défenses contre les infections.
« Un mauvais repos affecte non seulement la façon dont nous nous sentons pendant la journée, mais a également des conséquences à long terme sur la santé. »
Directeur médical national de l’Ospedyc
Pour favoriser un sommeil réparateur, les spécialistes recommandent :
- Maintenir des horaires de sommeil et de réveil réguliers, même le week-end.
- Dormir dans un environnement sombre, calme et à une température confortable.
- Éviter les écrans (téléphones, tablettes, ordinateurs) au moins une heure avant le coucher.
- Limiter la consommation de caféine, d’alcool et de tabac dans les heures précédant le coucher.
- Pratiquer une activité physique régulière, en évitant les exercices intenses le soir et en privilégiant des dîners légers.
- Consulter un professionnel de la santé en cas d’insomnie persistante, de ronflements importants, de pauses respiratoires pendant le sommeil ou de somnolence diurne excessive.
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