Publié le 3 janvier 2026 à 10h09. Les automobilistes français devront se préparer à une hausse continue des prix à la pompe dans les années à venir, conséquence de la remontée des taxes et de nouvelles réglementations européennes visant à réduire les émissions.
- Les taxes sur l’essence et le diesel ont augmenté d’environ 5,6 centimes par litre au 1er janvier 2026.
- La réduction progressive des taxes sur les carburants, mise en place pendant la crise énergétique, devrait prendre fin avant 2027.
- À partir de 2028, un nouveau prélèvement européen sur les émissions de CO₂ pourrait ajouter 10 à 13 centimes par litre au prix de l’essence.
Le premier jour de l’année a déjà vu une augmentation des accises sur les carburants, mais ce n’est qu’un avant-goût des hausses à venir. La réduction des droits d’accises, instaurée au plus fort de la crise énergétique pour alléger la facture des automobilistes, est progressivement abandonnée. La Chambre des représentants a récemment voté pour maintenir une augmentation des taxes, arguant de la nécessité de financer les transports publics.
De nombreux conducteurs ont anticipé cette hausse en faisant le plein avant la fin de l’année. Martin van Eijk, propriétaire d’une station-service, a ainsi constaté une augmentation de 30 % de son chiffre d’affaires le jour du Nouvel An. « Beaucoup de gens ont profité de ces derniers jours pour faire le plein à moindre coût », a-t-il déclaré.
La part grandissante de l’État dans le prix à la pompe
« Les deux tiers du prix que vous payez à la pompe reviennent directement à l’État, qui utilise ces fonds pour financer des infrastructures comme les routes », explique Paul van Selms, de l’association de consommateurs United Consumers. « Cette part ne devrait pas diminuer, mais plutôt augmenter, car l’État a besoin de ressources. De plus, le gouvernement justifie cette situation en invoquant la nécessité de réduire l’impact environnemental des transports. »
La réduction temporaire des taxes sur les carburants avait été mise en place en réponse à la flambée des prix du pétrole suite à l’invasion russe de l’Ukraine. Elle visait à atténuer l’impact de cette crise sur le pouvoir d’achat des ménages.
Mais cette mesure est devenue un sujet de débat politique. La réduction a été progressivement diminuée, et la question de sa pérennité reste ouverte. Actuellement, le prix de l’essence est encore inférieur d’environ 18 à 19 centimes par rapport à ce qu’il serait sans cette réduction, ce qui représente un coût important pour les finances publiques, estimé à plus d’un milliard d’euros par an.
Vers des carburants plus chers, mais moins polluants
À partir de 2028, un nouveau système européen d’échange de quotas d’émission (ETS-2) entrera en vigueur. Les fournisseurs de carburant devront alors acheter des certificats pour compenser leurs émissions de CO₂. Le nombre de certificats disponibles diminuera chaque année, ce qui devrait entraîner une augmentation du prix de l’essence de 10 à 13 centimes par litre.
Parallèlement, la part de biocarburants mélangée à l’essence augmentera progressivement. Elle passera de 14,4 % en 2027 à 16,4 % et dépassera les 22 % en 2028. « Cette tendance va s’accentuer dans les années à venir, ce qui pourrait entraîner une nouvelle hausse des prix, car les biocarburants sont généralement plus chers que l’essence conventionnelle », estime Rico Luman, économiste chez ING.
« Faire le plein devient moins attractif, mais les gens sont dépendants de leur voiture et nous continuerons à les servir. »
Martin van Eijk, propriétaire de station-service
Cependant, cette hausse pourrait être partiellement compensée par l’évolution du marché pétrolier. « Le marché mondial du pétrole est actuellement excédentaire et nous ne prévoyons pas de forte augmentation des prix l’année prochaine, mais plutôt une légère baisse », précise Rico Luman.
Même dans ce scénario optimiste, Paul van Selms estime que le prix à la pompe devrait se stabiliser autour de 2,50 euros. « Il faut s’habituer à ce niveau de prix, qui est principalement dû à l’intervention de l’État et à la forte taxation des carburants », conclut-il.
Malgré ces prévisions peu encourageantes, Martin van Eijk ne s’inquiète pas pour l’avenir de sa station-service. « Faire le plein devient moins attractif, mais les gens sont dépendants de leur voiture et nous continuerons à les servir. »
