Home Santé« Si vous êtes fiers, laissez-les compter pour créer un monde rural pour plus de personnes »

« Si vous êtes fiers, laissez-les compter pour créer un monde rural pour plus de personnes »

by Sophie Martin

Un jeune ingénieur agronome aragonais combine avec succès travail de la terre et recherche scientifique pour optimiser les pratiques agricoles et réduire l’impact environnemental. Manuel Sampériz, 24 ans, incarne une nouvelle génération d’agriculteurs soucieux de concilier rendement économique et respect de l’environnement.

Originaire de Pertusa, dans la province de Saragosse, Manuel Sampériz a toujours été attiré par le monde agricole, une passion transmise par sa famille. « Dès tout petit, tu vois ça, tu aimes monter sur le tracteur, petit à petit tu vois ce que tu veux faire », explique-t-il. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur agroalimentaire, il a poursuivi ses études avec un master en génie agronomique et prépare actuellement une thèse de doctorat, qu’il estime finaliser dans quatre ans, commencée en janvier dernier.

Il travaille en étroite collaboration avec son père et son frère sur l’exploitation familiale, cultivant des céréales, sèches et irriguées, et élevant des porcs. Cette combinaison, selon lui, est idéale : « Il y a des saisons où les champs ne fournissent pas de travail et où il y a du travail dans l’élevage, et le fumier constitue un engrais très bon et moins cher, compte tenu du prix auquel tout se passe ».

La thèse de Manuel Sampériz se concentre sur l’optimisation de la fertilisation des sols et la réduction de la pollution azotée. Il s’agit, explique-t-il, de trouver un équilibre entre le rendement des cultures et l’impact environnemental, un enjeu crucial face à la hausse des prix des intrants et à la baisse des prix des céréales. « Il est très important de réduire la pollution azotée générée par l’agriculture » et, selon lui, « moins on utilise d’engrais pour obtenir le même rendement, l’agriculture sera de plus en plus rentable ».

Ses recherches, menées en collaboration avec l’Université de Saragosse, le Centre de recherche et de technologie agroalimentaire d’Aragon (Cita), Riegos del Alto Aragón, la Communauté d’irrigation d’Almudévar et la Coopérative Virgen de la Corona, se déroulent sur plusieurs champs d’Almudévar et sur les terres familiales à Pertusa. L’objectif est de mesurer la concentration d’azote dans le lixiviat – le liquide qui s’écoule à travers les déchets solides – et de déterminer comment réduire l’utilisation d’engrais sans compromettre les récoltes. « Ce que nous cherchons, c’est de réduire au maximum la fertilisation, principalement basée sur l’azote, en observant la concentration d’azote dans le lixiviat », précise-t-il.

Manuel Sampériz estime que sa formation académique lui apporte une nouvelle perspective sur les pratiques agricoles traditionnelles. « Sans sous-estimer en aucune façon ce que les générations passées ont fait », il pense que les innovations technologiques peuvent contribuer à améliorer l’efficacité et la durabilité de l’agriculture.

Il encourage également les habitants des zones rurales à assumer fièrement leur mode de vie. « Si vous êtes fiers en tant que peuple, laissez-les le montrer et le dire aux autres, afin de créer un monde rural un peu plus grand, plus adapté à chacun et dans lequel il y a de la place pour plus de monde ». Pour lui, travailler à la campagne offre de nombreux avantages, notamment la possibilité de faire ce qu’il aime, de travailler au contact de la nature et d’être son propre patron.

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