Publié le 18 janvier 2024 à 05h00. Comprendre le rôle crucial des hormones dans notre bien-être est essentiel pour optimiser notre énergie, notre poids et notre santé globale. Des experts expliquent comment agir sur ces messagers chimiques par l’alimentation, l’exercice et la gestion du stress.
- L’équilibre hormonal influence presque toutes les fonctions de l’organisme, de la peau à l’humeur.
- Une alimentation riche en protéines et une activité physique régulière, notamment de la musculation, sont recommandées pour améliorer le métabolisme et la masse musculaire.
- La gestion du stress et un sommeil de qualité (7 à 9 heures par nuit) sont également des facteurs clés pour maintenir un équilibre hormonal optimal.
Les hormones, ces messagers chimiques qui régulent d’innombrables processus dans notre corps, sont souvent négligées. Pourtant, leur impact sur notre énergie, notre poids et notre bien-être général est considérable. Le professeur David Ray, endocrinologue à l’Université d’Oxford et au service national de santé britannique (NHS), souligne :
« La plupart des gens aimeraient avoir plus d’énergie et être plus minces. Il existe un lien entre la façon dont nous choisissons de vivre, l’apparence et la sensation de notre corps et les hormones qui circulent dans le corps. Ce que les endocrinologues traitent, ce sont des troubles dus soit à un manque d’hormones, soit à une trop grande quantité d’hormones. »
Professeur David Ray, endocrinologue à l’Université d’Oxford
Tout au long de la journée, les niveaux hormonaux fluctuent en fonction de divers facteurs, tels que l’heure, l’alimentation et le niveau de stress. Le Dr David Cavan, endocrinologue consultant spécialisé dans le diabète et la gestion du poids aux hôpitaux universitaires du Dorset et au London Diabetes Centre, et auteur de Un guide sur les injections de perte de poids (publié le 29 janvier), explique le concept de métabolisme :
« Le taux métabolique fait référence au métabolisme, qui décrit comment le corps utilise différents composants des aliments que nous mangeons et les transforme en toutes les choses dont il a besoin pour alimenter le corps, construire des protéines et d’autres molécules essentielles. »
Dr David Cavan, endocrinologue consultant
Un métabolisme lent signifie une consommation d’énergie moindre et une prise de poids plus facile, tandis qu’un métabolisme rapide brûle l’énergie plus efficacement.
L’insuline, une hormone clé, régule le métabolisme du glucose et les niveaux de sucre dans le sang. Cependant, un excès d’insuline peut entraîner une prise de poids, une hypertension artérielle et un diabète de type 2. Le Dr Cavan précise :
« Surtout, parce que l’insuline est une hormone de stockage des graisses, des niveaux élevés d’insuline ralentissent en fait le taux métabolique et vous entrez dans un cercle vicieux. Plus votre taux métabolique est lent, moins vous utilisez d’énergie et plus vous pouvez stocker. »
Dr David Cavan, endocrinologue consultant
Il observe que l’augmentation spectaculaire de l’obésité, du diabète de type 2 et des maladies associées au cours des 30 dernières années coïncide avec la transformation de notre alimentation vers des produits ultra-transformés, riches en énergie, en sucre et en glucides raffinés, combinée à une diminution de l’activité physique.
Si les injections de perte de poids peuvent influencer les niveaux d’hormones et favoriser la perte de graisse, elles ne doivent pas être considérées comme une solution unique. Le Dr Cavan explique :
« Elles ralentissent la vitesse à laquelle les aliments sont absorbés par l’intestin et affectent le cerveau et la satiété. L’effet net est que les niveaux d’insuline commenceront à baisser et aideront les gens à perdre l’excès de graisse qu’ils stockent. »
Dr David Cavan, endocrinologue consultant
Actuellement, leur accès est limité via le NHS, la plupart des patients les acquérant par le biais de pharmacies en ligne. Le Dr Cavan insiste sur l’importance d’un suivi médical approprié en cas d’achat en ligne.
Pour agir positivement sur son équilibre hormonal, plusieurs pistes sont à explorer. En premier lieu, privilégier une alimentation riche en protéines. Le Dr Cavan recommande de baser les repas sur des protéines et des légumes plutôt que sur des glucides, en privilégiant les sources naturelles ou peu transformées comme la viande, le poisson, le fromage, les légumineuses, le tofu, le yaourt grec nature et les œufs. Il dément les idées reçues sur les œufs :
« Beaucoup de gens ont encore l’impression que les œufs sont mauvais pour la santé, même si cela fait plus de 20 ans que les conseils ont changé. Les œufs sont très nutritifs, riches en protéines, ne contiennent presque aucun glucide et sont très rassasiants. C’est un fast-food naturel. »
Dr David Cavan, endocrinologue consultant
L’exercice physique, en particulier l’entraînement en résistance, est également crucial pour améliorer la masse musculaire, particulièrement important pour les femmes entrant dans la ménopause en raison de la diminution des niveaux d’œstrogènes. Le Dr Amin, endocrinologue à l’Imperial College Healthcare NHS Trust, souligne que les protéines contribuent à contrôler l’appétit :
« Cela ne stimulera pas le métabolisme mais, du point de vue de l’appétit et de l’énergie, c’est le macronutriment qui permet aux gens de se sentir le plus rassasiés. »
Dr Anjali Amin, endocrinologue
Enfin, la gestion du stress et un sommeil de qualité sont essentiels. Le cortisol, l’hormone du stress, peut avoir des effets négatifs sur le métabolisme. Le professeur Ray insiste sur l’importance du sommeil :
« Souvent, les gens ne réalisent pas à quel point les adultes ont besoin de dormir : entre sept et neuf heures par nuit. Si vous ne dormez pas bien et que vous êtes très fatigué pendant la journée, cela affecte le type de nourriture que vous choisissez de manger et votre sentiment de satiété après avoir mangé, ce qui peut entraîner une prise de poids qui perturbe davantage le sommeil. »
Professeur David Ray, endocrinologue à l’Université d’Oxford
Il recommande également de faire de l’exercice tôt, à la lumière naturelle, pour réguler le rythme circadien.
Pour conclure, le Dr Cavan conseille de dîner tôt, avant 19h, pour favoriser le jeûne nocturne et optimiser la santé métabolique. Il met également en garde contre les tests hormonaux à domicile, qui peuvent simplifier à l’extrême un système complexe et générer une anxiété inutile. Il est préférable de consulter un professionnel de santé pour un diagnostic précis et un suivi personnalisé.
