Publié le 11 décembre 2025 18h32. Un plan américain visant à la reconstruction de l’Ukraine et à la réintégration de la Russie dans l’économie mondiale suscite de vives tensions avec l’Europe, notamment concernant l’utilisation des avoirs russes gelés et la stratégie à adopter envers Moscou.
- Les États-Unis proposent d’utiliser environ 200 milliards de dollars d’actifs russes gelés pour financer des projets de reconstruction en Ukraine, incluant un centre de données alimenté par la centrale nucléaire de Zaporojie.
- Washington envisage également de relancer l’économie russe via des investissements américains dans des secteurs stratégiques, allant de l’extraction de terres rares à la production pétrolière en Arctique.
- Ces propositions ont provoqué des réactions mitigées en Europe, certains craignant que cette approche ne profite finalement à la Russie et ne remette en question les efforts pour la rendre responsable de ses actions en Ukraine.
Le projet américain, révélé par le Wall Street Journal, prévoit une approche globale de la crise ukrainienne, allant au-delà de la simple aide militaire à Kiev. Outre le financement de la reconstruction, il inclut une vision pour la réintégration économique de la Russie, ce qui a soulevé des inquiétudes parmi les représentants européens. L’un d’eux a confié au journal qu’il n’était « pas sûr qu’ils puissent prendre au sérieux certains des projets américains ». Un autre a même fait un parallèle avec la conférence de Yalta de 1945, évoquant une possible redéfinition des sphères d’influence en Europe.
L’utilisation des avoirs russes gelés est au cœur des divergences. L’Europe privilégie l’idée d’utiliser ces fonds pour fournir à l’Ukraine les armes nécessaires à sa défense, tandis que le plan américain propose de les affecter à des projets de reconstruction. Parallèlement, l’Europe maintient sa stratégie de diversification énergétique et entend mettre fin à sa dépendance au gaz russe d’ici le 1er janvier 2028. Cependant, certains craignent que la relance économique de la Russie, facilitée par les investissements américains, ne lui permette de renforcer sa puissance militaire et de contourner les sanctions.
Les tensions sont exacerbées par la position du président américain Donald Trump, qui pousse à une conclusion rapide d’un accord de paix, quitte à faire des concessions territoriales à la Russie. Il exhorte Kiev à céder le Donbass, une région que Moscou tente de contrôler depuis 11 ans, et à renoncer à son ambition d’adhérer à l’OTAN. L’Ukraine et l’Europe rejettent ces propositions, estimant que toute discussion sur le territoire ne peut avoir lieu qu’après l’établissement d’un cessez-le-feu.
Le Kremlin a réagi avec prudence à ces propositions. Le porte-parole Dmitri Peskov a déclaré à Reuters que Moscou était ouvert aux investissements étrangers, mais a refusé de commenter les détails du plan américain. Reuters rapporte que Peskov a affirmé : « Nous sommes intéressés par l’afflux d’investissements étrangers. En ce qui concerne les plans, nous ne participons pas aux discussions par mégaphone sur des plans ou des projets ». Il n’a pas non plus répondu aux questions concernant l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer la défense ukrainienne, alors que les médias russes menacent l’Europe de représailles en cas d’adoption de cette proposition.
Novinky.cz souligne que la position de Trump contraste fortement avec le soutien apporté à l’Ukraine par l’Europe, qui se heurte à des difficultés pour compenser le possible désengagement américain.
Novinky.cz présente également une analyse des données relatives à l’aide apportée à l’Ukraine, mettant en évidence les risques liés à un éventuel désintérêt de l’administration Trump.
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