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Soupçonné d’empoisonnement aux insecticides – Aucune assurance

by Nicolas Lefèvre

Publié le 22 novembre 2025 à 05h15. Un touriste chinois est décédé à Bali après avoir apparemment été empoisonné par des pesticides utilisés dans son hébergement. L’absence d’assurance maladie de la victime a compliqué l’accès aux soins et pourrait avoir contribué à l’issue fatale.

  • Un touriste chinois, Deqing Zhuoga, est décédé à Bali après avoir présenté des symptômes d’intoxication.
  • Plusieurs autres touristes ont été affectés par les mêmes symptômes, mais sont hors de danger.
  • Un médecin suspecte un empoisonnement lié à une récente fumigation de l’auberge.

Le décès de Deqing Zhuoga, un touriste chinois, dans une auberge de Canggu, à Bali, soulève des questions sur la sécurité des hébergements touristiques et l’importance d’une assurance voyage. La victime, qui séjournait dans un établissement proposant des chambres à environ 9 USD (150 000 Rp) la nuit, a succombé à une intoxication dont les causes sont suspectées être liées à l’utilisation de pesticides.

Selon les témoignages recueillis, Deqing a commencé à vomir abondamment et à avoir des frissons avant de s’évanouir. Transporté à une clinique, il a préféré retourner à son logement en raison de son incapacité à payer les frais médicaux. D’autres touristes, dont une amie chinoise de la victime, Leila Li, ainsi que des ressortissants allemands (Melanie Irene et Alisa Kokonozi), saoudien (Alahmadi Yousef Mohammed), philippin (Cana Clifford Jay) et chinois (Leslie Zhao), ont également présenté des symptômes similaires, mais se sont tous remis.

Le Dr Erta Priadi Wirawijaya, SpJP, estime qu’un empoisonnement par insecticide est l’hypothèse la plus probable, l’auberge ayant récemment procédé à une fumigation. Il met en garde contre l’utilisation excessive et imprudente de ces produits :

« L’auberge est soupçonnée d’effectuer des fumigations avec des insecticides très puissants. De nombreux endroits bon marché utilisent des produits chimiques, des organophosphates ou des carbamates. Par exemple, le dichlorphos, le mélation, le chloropyrifos ou le carbaryl. »

Dr Erta Priadi Wirawijaya, SpJP

Le Dr Erta souligne que ces insecticides ne doivent pas être utilisés dans des espaces clos sans une ventilation adéquate et une période d’inoccupation d’au moins trois jours. L’inhalation de ces produits chimiques peut provoquer des symptômes graves, tels que des vomissements, une salivation excessive, des sueurs froides, une contraction des pupilles, des étourdissements, des convulsions et, dans les cas les plus graves, une insuffisance respiratoire aiguë.

Il explique que les symptômes observés chez Deqing sont typiques d’une intoxication aux organophosphorés, et qu’il est peu probable que sa mort soit due à une simple diarrhée :

« Quels sont les impacts s’il est inhalé ? Si, par exemple, il est inhalé, à des concentrations élevées, cet organophosphate agit immédiatement pour attaquer le système nerveux, bloquant les enzymes dont le corps a besoin pour réguler la respiration. Les symptômes sont typiques : vomissements continus, salivation excessive, sueurs froides, pupilles contractées, étourdissements, contractions musculaires, convulsions et enfin insuffisance respiratoire aiguë. »

Dr Erta Priadi Wirawijaya, SpJP

L’absence d’assurance maladie de Deqing a aggravé sa situation, l’empêchant de recevoir les soins et l’antidote (comme l’atropine) nécessaires. Il est retourné dans une pièce potentiellement contaminée par les gaz insecticides, où il a été retrouvé mort le lendemain.

Le Dr Erta insiste sur la nécessité pour l’Indonésie d’évaluer sérieusement la question de l’assurance voyage pour les touristes étrangers. Il rappelle que de nombreux pays exigent une telle assurance avant l’entrée sur leur territoire, non pas pour entraver le tourisme, mais pour protéger les visiteurs et éviter que les établissements de santé ne soient confrontés à des situations où les patients ne peuvent pas payer leurs soins :

« Parce que si le patient recevait une intraveineuse cette nuit-là, était endormi dans une pièce sûre, sous oxygène et surveillé, il ne rentrerait pas chez lui dans un lit qui évapore les organophosphorés. Il ne dormirait pas face contre terre en inhalant du poison. Il ne subirait pas d’arrêt respiratoire seul. »

Dr Erta Priadi Wirawijaya, SpJP

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