Madrid, le 30 septembre 2025. L’Association espagnole des entreprises de transport frigorifique dénonce un système d’échange de palettes européen obsolète, source de coûts élevés, de risques sanitaires et de pénibilité pour les chauffeurs routiers. L’organisation plaide pour une gestion mutualisée des palettes afin d’améliorer les conditions de travail et de relancer l’attractivité du secteur.
- Le système actuel d’échange de palettes expose les conducteurs à des charges physiques importantes (jusqu’à 1 000 kg par manipulation).
- Des palettes en bois non traitées présentent des risques sanitaires liés à la propagation de bactéries et de parasites.
- L’ATFRIE propose une alternative basée sur la mutualisation des palettes, gérées par des sociétés spécialisées.
L’Association Espagnole des Entreprises de Transport sous Température Dirigée (ATFRIE) alerte sur les conséquences néfastes du système d’échange de palettes en vigueur en Europe. Selon l’organisation, ce dispositif, introduit dans les années 1980, engendre non seulement des coûts considérables pour les entreprises, mais met également en péril la santé et le bien-être des conducteurs.
Le secteur du transport routier espagnol est particulièrement vulnérable, plus de la moitié des entreprises étant de petites structures disposant d’un seul camion. Cette configuration, selon l’ATFRIE, les rend plus sensibles aux pratiques coûteuses et injustes. Si des améliorations ont été constatées en Espagne ces dernières années – notamment l’interdiction pour les conducteurs de charger et décharger des véhicules de plus de 7,5 tonnes et des restrictions sur l’échange de palettes – les problèmes persistent au niveau international.
Le système actuel d’échange de palettes implique pour les chauffeurs de manipuler des charges lourdes, pouvant atteindre près de 1 000 kg en une seule opération, entraînant une surcharge physique importante. De plus, l’utilisation de palettes en bois non traitées constitue un risque sanitaire, favorisant la prolifération de bactéries et de parasites. Enfin, ce système a un impact environnemental négatif, en raison d’une consommation de carburant accrue, d’émissions de CO₂ plus importantes, de retards et de lourdeurs administratives.
Une étude réalisée en 2020 a estimé que les coûts annuels par camion international augmentent significativement en raison de ce système, notamment en raison de l’absentéisme et de la perte de productivité.
L’ATFRIE propose une alternative : la mutualisation des palettes. Il s’agirait de confier la gestion des palettes à des sociétés spécialisées, qui assureraient leur nettoyage, leur redistribution et la gestion des stocks. Selon l’association, ce modèle présenterait de nombreux avantages : une meilleure hygiène, une réduction des émissions, une productivité accrue, une diminution de la pénibilité pour les conducteurs et une profession plus attractive, susceptible de favoriser l’arrivée de femmes dans le secteur.
Compte tenu du caractère transfrontalier du transport routier, l’ATFRIE insiste sur la nécessité d’une harmonisation européenne de la législation. Cette harmonisation permettrait d’éviter la concurrence déloyale entre les États membres et d’améliorer les conditions de travail des conducteurs.
« Le cœur de la profession de conducteur doit être la sécurité et la dignité, et non l’exécution de tâches secondaires physiquement lourdes et souvent dangereuses. »
ATFRIE
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