Le SPD berlinois est à la recherche d’un nouveau souffle après une série de démissions et de désaccords internes, illustrant une crise de leadership et des résultats électoraux décevants. L’exemple contrasté de Hambourg, où le parti affiche une stabilité et une approche pragmatique, met en lumière les défis auxquels est confronté le SPD de la capitale.
La récente démission des co-présidents du parti à Berlin, suite à un rejet de leur candidature aux élections régionales de septembre prochain, a révélé un profond désaccord au sein du SPD local. Contrairement à Hambourg, où le chef de file Olaf Scholz imposait une ligne claire, le parti berlinois semble incapable de trouver une direction forte.
Les présidents démissionnaires, élus en mai 2024, représentaient l’aile conservatrice du parti et ont réussi à l’emporter sur deux duos de candidats issus de la gauche lors d’un vote interne. Cette victoire a cependant mis en évidence les tensions persistantes entre les différentes factions du SPD berlinois, où les responsables de gauche se sentent souvent marginalisés.
La situation actuelle soulève la question de savoir qui détient réellement le pouvoir au sein du SPD berlinois. Est-ce le siège du parti, situé dans le quartier ouvrier de Wedding ? La faction parlementaire, dirigée depuis 2011 par Raed Saleh ? Ou les sénateurs SPD du gouvernement de coalition ?
Les sondages actuels ne sont pas encourageants pour le SPD berlinois, qui n’obtient que 13 % des intentions de vote. Un tel score pourrait le reléguer au rôle de simple partenaire junior de la CDU et des Verts après les élections régionales de 2026. À Hambourg, en revanche, le SPD est arrivé en tête des élections régionales avec 34 %, illustrant un fossé grandissant entre les deux villes.
Malgré ces difficultés, le SPD reste une force politique importante en Allemagne, gouvernant actuellement dans 12 des 16 Länder. Les chefs de gouvernement social-démocrates sont en place à Hambourg, Brême, Basse-Saxe, Rhénanie-Palatinat, Mecklembourg-Poméranie occidentale, Brandebourg et Sarre. Des élections régionales sont prévues en 2026 dans le Bade-Wurtemberg, la Bavière, la Hesse, la Rhénanie-Palatinat, la Saxe-Anhalt, la Basse-Saxe, Berlin et le Mecklembourg-Poméranie occidentale.
L’ascension et la chute de Franziska Giffey, sénatrice économique, illustrent les dynamiques complexes au sein du SPD berlinois. Après une carrière prometteuse en tant que maire de Neukölln et une brève période en tant que ministre de la Famille sous Angela Merkel, elle a été contrainte de démissionner en raison d’un scandale de plagiat concernant sa thèse de doctorat. Devenue maire dirigeante en 2021, elle s’est rapidement heurtée à l’opposition interne, qui a refusé de la laisser former une coalition avec le FDP, préférant une alliance avec les Verts et la Gauche.
Après de nouvelles élections en 2023, Giffey a finalement accepté de diriger le SPD dans une coalition avec la CDU, cédant ainsi la direction de la ville à Kai Wegner. Cette décision a été perçue par beaucoup comme une trahison et a marginalisé Giffey sur la scène politique.
À l’heure actuelle, le SPD berlinois cherche un nouveau leader. Steffen Krach, ancien secrétaire d’État à la Science et actuel président de la région de Hanovre, a été désigné comme tête de liste pour les prochaines élections régionales. L’espoir est qu’il puisse apaiser les divisions internes et redorer le blason du parti.
L’exemple de Hambourg, où le SPD a réussi à maintenir sa position dominante en adoptant une approche pragmatique et en privilégiant les décisions fortes, pourrait servir de modèle pour Berlin. Olaf Scholz, lorsqu’il était maire de Hambourg, avait laissé un mantra clair : celui qui veut diriger doit prendre des décisions et ne pas hésiter à le faire. Cette approche, combinée à une intégration des positions économiquement libérales, a permis au SPD de Hambourg de rester un parti populaire et de maintenir son influence.
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