Home AffairesSquattage, amendes. C’est ce que veulent désormais les partis politiques contre les postes vacants | Aiguille

Squattage, amendes. C’est ce que veulent désormais les partis politiques contre les postes vacants | Aiguille

by Amélie Bernard

Publié le 19 octobre 2025 à 20h50. Alors que la pénurie de logements aux Pays-Bas atteint des niveaux critiques, presque tous les partis politiques proposent des solutions pour mobiliser les quelque 90 000 maisons vides, ainsi que d’autres espaces inutilisés, mais les modalités de mise en œuvre restent souvent floues.

  • La plupart des partis politiques mettent l’accent sur la nécessité de mieux utiliser les bâtiments existants, notamment par la transformation de bureaux et de commerces vacants.
  • Plusieurs formations proposent l’instauration d’une taxe sur les logements vacants, allant d’une approche incitative à des sanctions financières plus sévères, voire à l’expropriation.
  • Les propositions varient considérablement, allant de la simplification des règles de division des logements à la légalisation du squat, en passant par des mesures pour encourager la location plutôt que la spéculation.

La question des logements vacants est devenue un enjeu central du débat politique aux Pays-Bas, alors que le pays est confronté à une crise du logement sans précédent. Selon le Bureau central des statistiques (CBS), plus de 90 000 maisons restent inoccupées depuis plus d’un an, un chiffre qui suscite l’indignation alors que des milliers de personnes sont à la recherche d’un toit. Cette situation s’ajoute à la vacance de nombreux commerces, résidences secondaires et bureaux.

Edwin Buitelaar, professeur de planification à l’université d’Utrecht, souligne l’omniprésence de ce sujet dans les programmes électoraux cette année, une nouveauté par rapport aux élections précédentes. Il note cependant que les propositions manquent souvent de détails sur la manière de surmonter les obstacles à la mise en œuvre. Il cite l’exemple de l’encouragement à la division des logements, une idée qui se heurte fréquemment à des difficultés pratiques.

Les partis politiques proposent des approches diverses pour résoudre ce problème. Le Parti pour la Liberté (PVV) mise sur une utilisation maximale de l’espace existant, en favorisant la transformation de bureaux et de commerces, ainsi que la construction à grande échelle en périphérie des villes. Leur programme insiste sur l’idée qu’il ne faut laisser aucun espace inutilisé.

GroenLinks-PvdA (GLPvdA) cible la spéculation immobilière, proposant une taxe communale pour lutter contre l’inoccupation de longue durée. Ils souhaitent également donner aux communes le pouvoir d’adopter des ordonnances sur les logements vacants, permettant de les louer de force après une certaine période.

Le CDA propose également une taxe sur les logements vacants au niveau national, tout en encourageant les communes à adopter des ordonnances similaires. Ils insistent également sur la nécessité de fixer un délai maximal de deux ans pour la construction après l’obtention d’un permis de construire.

D66 va plus loin, proposant la possibilité d’exproprier les propriétaires qui bloquent des projets de construction de logements pendant une période excessive, ainsi qu’une intervention en cas de vacance prolongée de bâtiments. Ils envisagent également d’intervenir sur les prix des loyers commerciaux pour préserver la diversité des commerces. Leur programme détaille ces propositions.

Le VVD se concentre sur la simplification des procédures pour diviser les bâtiments existants en plusieurs logements et faciliter la transformation de bureaux, de commerces ou d’écoles vacants en espaces de vie. Ils proposent également de permettre l’aménagement de micro-maisons dans les jardins.

Yes21 met l’accent sur la réutilisation du parc immobilier existant, en transformant et en divisant les bâtiments pour limiter les émissions d’azote. Leur approche vise à optimiser l’utilisation des infrastructures existantes.

Le SP adopte une position plus radicale, proposant de taxer les propriétés vacantes et, si nécessaire, de les exproprier. Leur programme insiste sur le fait que le logement est un droit et que le profit ne doit pas primer sur les besoins des habitants.

Le BBB propose de convertir des fermes vides en logements et de simplifier les règles de vie familiale. Leur proposition vise à utiliser le parc immobilier agricole existant pour répondre à la demande de logements.

La Partij voor de Dieren (Parti pour les Animaux) propose une taxe sur les terrains vacants et la légalisation du squat. Leur programme vise à décourager la spéculation foncière et à offrir des solutions de logement alternatives.

Denk propose également une taxe sur les terrains vacants. Leur approche vise à inciter les propriétaires à utiliser leurs terrains de manière productive.

Volt prône une approche inspirée de la Flandre, avec une taxe municipale sur les logements vacants qui augmente chaque année pour inciter les propriétaires à agir rapidement. Leur proposition vise à combler les logements vacants de manière efficace.

Le Forum pour la Démocratie (FVD) se concentre sur la priorité de location aux Néerlandais. Leur programme ne contient pas de propositions spécifiques sur les logements vacants.

L’Union chrétienne souhaite faciliter l’utilisation des instruments existants pour accélérer la construction et traiter efficacement les logements vacants. Leur approche vise à simplifier les procédures et à encourager l’action.

Le SGP propose de densifier et d’agrandir les logements existants, ainsi que de faciliter la division et la location par les propriétaires.

50+ met l’accent sur l’importance de logements adaptés aux personnes âgées pour optimiser l’utilisation du parc immobilier existant.

NSC propose d’annuler les permis inutiles et de simplifier les procédures pour diviser les logements et transformer les bureaux vacants en espaces résidentiels.

Bij1 propose une amende sévère pour les logements vacants, allant jusqu’à 2,8% de la valeur WOZ par mois, ainsi que la possibilité d’exproprier les propriétaires qui ne respectent pas les règles. Ils prévoient également la création d’un registre public des logements vacants.

Pour en savoir plus, regardez l’émission Pointer, le 19 octobre à 22h10 sur NPO2.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.