Auburn Hills, Michigan – Après une période de tensions vives et de ventes en berne aux États-Unis, le constructeur automobile Stellantis semble amorcer un revirement. L’arrivée d’Antonio Filosa à la tête du groupe, en remplacement de Carlos Tavares, et une nouvelle approche axée sur le dialogue avec les concessionnaires pourraient bien marquer le début d’une nouvelle ère.
Les relations entre Stellantis et son réseau de concessionnaires américains (Chrysler, Dodge, Jeep et Ram) se sont considérablement détériorées ces derniers temps. Les concessionnaires dénonçaient des stratégies commerciales inefficaces, des prix jugés trop élevés et une baisse drastique de leurs marges bénéficiaires, les comparant à celles observées lors de la crise économique de 2008. Le mécontentement s’est exprimé publiquement, soulignant un décalage croissant entre les attentes des consommateurs américains et l’offre du groupe.
La situation semble évoluer depuis la nomination d’Antonio Filosa, installé à Auburn Hills, dans le Michigan. Le nouveau PDG a affiché sa volonté d’établir une communication plus étroite avec les concessionnaires, privilégiant une écoute attentive par rapport à son prédécesseur. Stellantis a également revu sa politique tarifaire, simplifié ses gammes et lancé de nouveaux modèles ou des mises à jour, mieux adaptés aux préférences du marché américain, notamment pour les moteurs V8 et les solutions hybrides.
« Nous avons résolu le problème de gestion des stocks des concessionnaires qui était si grave l’année dernière », a déclaré Antonio Filosa aux investisseurs début décembre. Les données d’Edmunds.com Inc. confirment une amélioration de la rotation des stocks, bien que les véhicules Stellantis mettent encore plus de temps à se vendre que la moyenne du secteur. En octobre et novembre, les camionnettes et fourgonnettes Ram ont mis plus du double de temps à trouver preneur par rapport à la moyenne de 63 jours.
Pour renforcer son soutien aux 2 000 points de vente aux États-Unis, Stellantis a lancé une campagne de recrutement de plus de 2 000 personnes dans les domaines de la vente, des pièces détachées et du service après-vente. Le groupe prévoit également de rouvrir des centres commerciaux physiques d’ici 2026, notamment à Chicago, et d’investir davantage dans la publicité locale. Ces initiatives s’inscrivent dans un programme plus vaste visant à créer environ 2 000 nouveaux emplois dans la production, le contrôle qualité et l’ingénierie, avec un accent particulier sur le site d’Auburn Hills.
Randy Dye, un concessionnaire, souligne le retour d’une dynamique positive avec le retour des moteurs Hemi V-8 et des muscle cars Dodge, résultat d’une gestion plus proche du marché. La part de marché américaine de Stellantis, bien que toujours en baisse (de 12,5 % en 2020 à 7,7 % sur les onze premiers mois de 2023), montre des signes de stabilisation. Les nouveaux modèles, comme le Jeep Cherokee remanié et la nouvelle Dodge Charger, devraient contribuer à combler les lacunes de la gamme et à améliorer la rentabilité des concessionnaires.
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