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Steve Witkoff rencontre Vladimir Poutine. La sécurité est passée au second plan

Publié le 2025-12-20 19:07:00. Des négociations discrètes entre Moscou et Washington sur l'avenir de l'Ukraine sont menées en dehors des canaux diplomatiques traditionnels, impliquant des hommes d'affaires et des intermédiaires peu orthodoxes, selon des informations du Wall Street…

Steve Witkoff rencontre Vladimir Poutine. La sécurité est passée au second plan

Publié le 2025-12-20 19:07:00. Des négociations discrètes entre Moscou et Washington sur l’avenir de l’Ukraine sont menées en dehors des canaux diplomatiques traditionnels, impliquant des hommes d’affaires et des intermédiaires peu orthodoxes, selon des informations du Wall Street Journal.

  • L’administration américaine actuelle ne dispose plus d’ambassadeur à Moscou ni de responsable clé pour les affaires européennes et eurasiennes.
  • Steve Witkoff, un promoteur immobilier américain, a mené des discussions avec Vladimir Poutine sans suivre les protocoles habituels ni les conseils de la CIA.
  • Kirill Dmitriev, un émissaire russe ayant des liens avec l’administration Trump, joue un rôle central dans ces négociations informelles.

Les relations entre les États-Unis et la Russie, déjà tendues par le conflit en Ukraine, sont désormais gérées de manière atypique, loin des structures diplomatiques établies. Le Wall Street Journal révèle que des négociations confidentielles se déroulent en coulisses, impliquant des acteurs inattendus et des méthodes peu conventionnelles.

En février 2025, Steve Witkoff, un promoteur immobilier américain proche de Donald Trump, s’est rendu à Moscou pour une rencontre d’environ 3,5 heures avec Vladimir Poutine. Il s’agissait de sa première rencontre avec le président russe. L’invitation à cette réunion lui avait été transmise par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, soulignant l’implication de plusieurs acteurs dans ces efforts de médiation.

Selon le quotidien américain, Poutine s’était renseigné sur le profil des émissaires de l’ancien président Trump chargés de négocier avec le Kremlin sur une possible fin du conflit ukrainien. Witkoff aurait refusé d’utiliser les recommandations de la CIA avant son voyage à Moscou, affirmant que Poutine lui avait demandé de venir seul. Il communiquait ensuite directement avec Trump, le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d’État Mark Rubio via une ligne sécurisée depuis l’ambassade américaine à Moscou.

L’administration américaine a rencontré des difficultés à suivre les activités de Witkoff. Un groupe de travail spécial avait été créé pour le soutenir, mais ses membres ont eu du mal à obtenir des informations sur ses réunions. Le général Keith Kellogg, initialement chargé de la liaison avec les Russes, avait été écarté après que l’on eut découvert que sa fille dirigeait une fondation aidant les Ukrainiens touchés par l’invasion russe.

Kirill Dmitriev, né en Ukraine et ayant fait ses études aux États-Unis avant de rejoindre la Russie après l’arrivée au pouvoir de Poutine, a pris le relais de Kellogg. Il a travaillé pour des entreprises américaines, dont Goldman Sachs, avant de devenir un émissaire clé du Kremlin. Dmitriev est actuellement l’interlocuteur de Witkoff pour les négociations prévues à Miami ce week-end.

Peu avant son arrivée en Floride, Dmitriev a réagi à l’article du Wall Street Journal sur la plateforme X, accusant le journal américain de chercher à saboter les efforts de paix en Ukraine. Il a notamment démenti que la partie russe ait demandé à Witkoff de se rendre au Kremlin sans l’assistance des services de renseignement.

Le Wall Street Journal souligne que ces négociations informelles se déroulent dans un contexte de vide diplomatique. Les États-Unis n’ont plus d’ambassadeur à Moscou depuis juin et le poste de secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes et eurasiennes est vacant. Des cadeaux symboliques ont également été échangés entre les parties, comme la libération de Marc Fogel, un professeur américain condamné à 14 ans de prison en Russie pour possession de marijuana médicale, présentée par le Kremlin comme une réponse à la bonne volonté de Witkoff.

Selon le journal, Poutine avait pour objectif lors de sa première rencontre avec Witkoff de jauger son degré de sympathie envers la Russie. Si la conversation s’avérait positive, Witkoff recevrait un présent. En décembre, après sa sixième rencontre avec Poutine, une entreprise russe de caviar a envoyé à Witkoff environ 5 kg de caviar rouge, un produit de milieu de gamme destiné à être commercialisé sous la marque « Trumpovka ». La Maison Blanche a démenti ces informations. Plus d’informations sur ce cadeau sont disponibles ici.

Dmitriev a également publié sur X une photo d’une bouteille de vodka ornée du visage de Donald Trump sur fond de Place Rouge, avec la légende : « Make Vodka Great Again ». Ces cadeaux visent à renforcer les liens commerciaux entre Moscou et Washington, facilités par la coopération entre Witkoff et Dmitriev.

Ces développements interviennent alors que les efforts diplomatiques traditionnels pour résoudre le conflit en Ukraine sont au point mort. L’issue de ces négociations informelles et leur impact sur la situation en Ukraine restent incertains.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.