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Stratégie réfléchie ou maladie mentale ?

L’affaire a glacé l’Espagne en 2019 : Alberto Sánchez a avoué avoir tué sa mère, puis avoir consommé des parties de son corps. L’énigme persiste, car malgré la monstruosité de l’acte, les experts s’interrogent sur la présence d’une…

Stratégie réfléchie ou maladie mentale ?

L’affaire a glacé l’Espagne en 2019 : Alberto Sánchez a avoué avoir tué sa mère, puis avoir consommé des parties de son corps. L’énigme persiste, car malgré la monstruosité de l’acte, les experts s’interrogent sur la présence d’une véritable maladie mentale chez l’auteur.

Au cœur de l’enquête, la question des motivations de Sánchez s’est imposée. Selon le criminologue légiste Vicente Garrido, l’objectif principal de l’homme était de pouvoir vivre dans la maison de sa mère et de percevoir une pension d’orphelin. « Ce qu’il voulait, c’était que sa mère ne puisse plus continuer à vivre dans la maison et qu’il dépense la pension de son père. Il voulait vivre chez sa mère et bénéficier d’une pension d’orphelin », a-t-il expliqué. Il souligne que, aussi choquante soit cette raison, elle ne constitue pas en soi une pathologie mentale.

L’analyse de lettres écrites par Sánchez depuis sa prison révèle une personnalité complexe. La linguiste Mireia Hernández y décèle une forme de régression infantile, un mélange d’une tentative de se disculper des contradictions de son récit et d’une assurance déconcertante. « Il y a d’une part, une tentative de tenir sa défense pour responsable des changements de version donnés pendant l’instruction sans comprendre dans quelle situation il se trouve et – d’autre part – une « personne sage, qui sait tout » », a-t-elle observé.

L’expertise calligraphique menée par Amparo Botella a également apporté des éléments intéressants. Son écriture suggère un individu intelligent et probablement bon élève. Sánchez avait d’ailleurs effectué une partie de ses études universitaires à l’étranger, notamment dans le cadre d’un programme Erasmus en Grèce. À son retour à Madrid, sa consommation de stupéfiants aurait augmenté.

Cependant, le criminologue légiste Garrido reste sceptique quant à l’utilisation de drogues comme excuse pour expliquer l’atrocité des faits. « Ce n’est rien de plus qu’une excuse d’Alberto pour justifier l’atrocité de ses actes », affirme-t-il. L’absence de pathologie mentale clairement établie continue de troubler les enquêteurs.

Ces éléments sont au cœur du podcast Correspondance criminelle, animé par Neus Sala, qui explore les profils psychologiques des criminels les plus marquants de l’histoire noire espagnole. À travers l’analyse de documents et les témoignages d’experts, l’émission tente de décrypter les motivations et les mécanismes mentaux à l’œuvre dans ces affaires. La deuxième saison s’est déjà penchée sur les cas de Ximo Ferrandiz, Javier Rosado, dit « Le tueur de rôle », et Tony Roia, impliqué dans les décès de Rocío Wanninkhof et Sonia Carabantes, entre autres.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.