Home SantéStratégies ambulatoires pour gérer le volume et stimuler la croissance : KLAS | systèmedesanté.com

Stratégies ambulatoires pour gérer le volume et stimuler la croissance : KLAS | systèmedesanté.com

by Sophie Martin

Les hôpitaux français repensent en profondeur leur organisation en décentralisant les soins et en misant massivement sur les consultations externes, la télémédecine et les programmes de suivi à domicile. Cette transformation, révélée par une étude récente, vise à désengorger les services hospitaliers tout en améliorant l’accès aux soins et leur pérennité.

Selon le rapport, réalisé par le Centre de Médecine Connectée (CCM) de l’UPMC et KLAS Research, la prise de décision concernant les soins externes est désormais centralisée au niveau des systèmes de santé. Si les structures varient – divisions ambulatoires autonomes, regroupements médicaux ou lignes de services – l’objectif reste constant : harmoniser l’accès aux soins, optimiser l’efficacité et assurer la viabilité à long terme de l’ensemble du réseau.

La plupart des établissements de santé mettent en place des équipes dédiées au sein de leurs cliniques externes pour garantir la continuité des soins. Des équipes mobiles, plus limitées en nombre, sont déployées en fonction des besoins sur différents sites. Sur le plan opérationnel, les responsables observent une combinaison de services décentralisés et de structures centralisées. Les sites conservent souvent une offre de soins complète, mais les actes médicaux plus complexes ou nécessitant une standardisation accrue sont concentrés dans des pôles spécialisés.

Les stratégies de développement ne se basent plus sur une simple expansion géographique, mais sur des investissements ciblés dans les secteurs à forte demande et les modèles de soins innovants. Les cliniques multi-spécialités, les centres de chirurgie ambulatoire et la télémédecine sont particulièrement privilégiés, notamment dans les zones où l’accès aux soins est limité et où la fidélisation des patients est un enjeu majeur.

Les priorités en matière de services reflètent un équilibre entre mission de service public et rentabilité. Les soins primaires sont considérés comme une porte d’entrée essentielle pour l’engagement des patients et les orientations vers des spécialistes. La cardiologie et l’oncologie, en raison de la complexité des procédures et de leur potentiel de revenus, sont également des domaines clés. L’orthopédie, face au vieillissement de la population et à la pertinence des actes chirurgicaux ambulatoires, et les services gastro-intestinaux, en raison de la demande croissante et de la concurrence du secteur privé, complètent ce tableau.

Pour optimiser l’utilisation des ressources, certains établissements de santé envisagent de consolider ou de céder les sites peu fréquentés.

La délocalisation des soins hors des hôpitaux est devenue un levier stratégique. Les responsables mettent en avant le développement des consultations de soins primaires en ligne (y compris la pédiatrie), des programmes d’hospitalisation à domicile avec surveillance médicale et des visites à domicile, ainsi que des centres d’accès post-hospitalisation pour soulager les services d’urgence et les unités d’hospitalisation. La chirurgie ambulatoire est également en plein essor, avec une migration des interventions de faible complexité vers des centres spécialisés et l’utilisation d’outils de planification centralisée pour optimiser l’utilisation des blocs opératoires et réduire les temps d’attente.

Pour pallier un éventuel manque de ressources ou de personnel, les établissements de santé multiplient les partenariats. L’étude révèle que 21 des dirigeants interrogés ont noué des collaborations avec des groupes de médecins indépendants et 18 avec des entreprises technologiques, notamment pour le recrutement de personnel médical d’urgence et de spécialistes, la couverture de télésanté, les soins de santé mentale et des services de niche tels que la gastro-entérologie ou la télésurgeurie cérébrale. Certains ont également évoqué l’utilisation de l’intelligence artificielle pour le triage des patients et des solutions de suivi à distance par messagerie.

La gestion de la performance est désormais globale et prend en compte, au-delà des données financières, les résultats cliniques, la satisfaction des patients, les délais d’attente, la disponibilité des rendez-vous, les schémas de référence et de fidélisation, ainsi que le bien-être du personnel. Ces conclusions sont issues d’entretiens menés en mai et juin 2025 auprès de 25 dirigeants de grands systèmes de santé, principalement des cadres supérieurs.

« Les soins externes, la télémédecine et les programmes de suivi à domicile ne sont plus considérés comme des services complémentaires, mais comme les principaux canaux de prestation de soins », conclut le rapport.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.