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Stress lié à l’inflammation cardiaque précoce chez les femmes

by Sophie Martin

Publié le 4 décembre 2023 16:12:00. Une nouvelle étude révèle que le stress psychosocial affecte le cœur des femmes d’une manière distincte de celui des hommes, entraînant des modifications précoces du tissu cardiaque potentiellement liées aux maladies cardiovasculaires. Ces résultats soulignent la nécessité d’une approche plus personnalisée de l’évaluation des risques cardiaques.

  • Les femmes exposées à un stress psychosocial élevé présentent des signes d’inflammation cardiaque détectables par IRM, contrairement aux hommes.
  • Le stress lié aux soins prodigués et au manque de soutien émotionnel semble être un facteur clé de ces changements.
  • Les chercheurs insistent sur l’importance de prendre en compte les facteurs psychosociaux et le bien-être mental dans la prévention des maladies cardiovasculaires chez les femmes.

Des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université Concordia ont mis en évidence une vulnérabilité particulière des femmes face aux effets du stress sur le cœur. L’étude, publiée dans la revue Circulation: Cardiovascular Imaging, s’appuie sur l’analyse d’images par résonance magnétique (IRM) cardiaque de 219 adultes âgés de 43 à 65 ans.

L’équipe a examiné deux marqueurs, appelés T1 et T2, qui indiquent des changements dans le tissu cardiaque. Les résultats montrent que chez les femmes signalant un niveau élevé de stress psychosocial – lié notamment à la charge des soins et au manque de soutien émotionnel – les valeurs de ces marqueurs étaient significativement plus élevées que chez celles qui ne se sentaient pas stressées. Cette différence était particulièrement marquée dans le groupe des participantes présentant déjà des facteurs de risque cardiovasculaire (diabète, hypertension, tabagisme).

Contrairement aux femmes, aucune différence significative n’a été observée entre les hommes très stressés et ceux qui ne l’étaient pas. Bien que les valeurs de T1 et T2 ne dépassent pas encore les seuils cliniques d’anormalité, les chercheurs soulignent qu’elles indiquent un besoin de surveillance accrue, car elles pourraient présager un pronostic moins favorable à long terme.

« D’un point de vue épidémiologique, nous savons depuis environ deux décennies que le stress est un facteur de risque important pour la santé cardiovasculaire chez les personnes nées de sexe féminin. Mais avec ce volet de recherche, nous visons réellement à comprendre l’impact physiologique du stress sur le cœur »

Dre Judy Luu, professeure adjointe à la Division de recherche clinique et translationnelle de la Faculté de médecine de McGill

Selon la Dre Luu, ces différences entre les sexes ne sont pas uniquement d’ordre social, mais aussi biologique. Des recherches antérieures de l’équipe, publiées plus tôt cette année, avaient déjà établi un lien entre le statut social perçu et les premiers signes d’inflammation cardiaque chez les femmes.

La prochaine étape de la recherche consistera à étudier les marqueurs sanguins et d’autres facteurs biologiques, tels que les hormones, afin de mieux comprendre les mécanismes en jeu. L’objectif ultime est de développer des interventions plus efficaces pour améliorer la santé cardiaque des femmes.

Les participants à l’étude faisaient partie du Programme Signature Cardiovasculaire Courtois au Centre universitaire de santé McGill. L’étude a été financée par la Fondation du Centre universitaire de santé McGill.

Différences sexuelles dans la relation entre le stress psychosocial et les caractéristiques des tissus myocardiques : une étude d’imagerie CMR par Mayssa Moukarzel et al.

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