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Supplémentation en mélatonine et résultats des technologies de procréation assistée : une revue systématique et une méta-analyse | BMC Grossesse et accouchement

by Thomas Caron

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une méta-analyse récente suggère que la supplémentation en mélatonine pourrait améliorer la qualité des ovocytes et des embryons lors des traitements de procréation médicalement assistée (PMA), mais son impact sur les taux de grossesse et de naissance vivante reste incertain.

  • La supplémentation en mélatonine est associée à une augmentation significative du taux de grossesse clinique (RR : 1,24 ; IC à 95 % [1,04, 1,47]).
  • Elle semble améliorer la qualité des ovocytes et des embryons, en particulier chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
  • Des études supplémentaires à grande échelle sont nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer si la mélatonine peut être recommandée en routine dans le cadre des traitements de PMA.

La mélatonine (MT), une hormone naturellement produite par le corps, joue un rôle important dans la régulation de divers processus biologiques, notamment ceux liés à la reproduction. Face aux résultats contradictoires des études précédentes sur l’impact de la supplémentation en mélatonine sur les traitements de procréation assistée (PMA), des chercheurs ont entrepris une revue systématique des données disponibles. L’objectif était de synthétiser les preuves issues des essais cliniques concernant l’effet de la mélatonine sur les principaux indicateurs de succès des PMA.

Pour cette méta-analyse, les chercheurs ont passé au crible les publications scientifiques disponibles dans les bases de données PubMed, Embase, Web of Science et Google Scholar. Ils ont sélectionné onze études menées entre 2008 et 2019, portant sur l’effet de la supplémentation en mélatonine sur les résultats des PMA. L’évaluation du risque de biais dans les études a été réalisée à l’aide de la liste de contrôle de la Cochrane Collaboration.

L’analyse des données a révélé que la supplémentation en mélatonine était associée à une augmentation significative du taux de grossesse clinique (CPR), du nombre d’ovocytes matures (MII), du nombre d’embryons de qualité supérieure et du taux de fécondation. Plus précisément, le risque relatif (RR) pour le CPR était de 1,24 (intervalle de confiance à 95 % [1,04, 1,47]). La différence moyenne (DM) pour le nombre d’ovocytes MII était de 1,39 (IC à 95 %, 0,74, 2,04), et pour le nombre d’embryons de qualité supérieure, de 0,56 (IC à 95 %, 0,24, 0,88). Le taux de fécondation a également été amélioré (RR de 1,10 ; IC à 95 %, 1,03, 1,17 pour 4 études, et DM de 0,13 ; IC à 95 %, 0,01, 0,24 pour 3 études).

Cependant, l’étude n’a pas mis en évidence de différence significative en termes de taux de naissance vivante, de nombre d’ovocytes récupérés ou de taux de fausse couche. De plus, lorsque les études ont été analysées en fonction du type d’intervention de contrôle (myo-inositol plus acide folique ou placebo/absence de traitement), les effets bénéfiques de la mélatonine sur le nombre d’ovocytes MII et d’embryons de qualité supérieure étaient plus prononcés dans le groupe placebo/absence de traitement.

Une analyse plus approfondie, basée sur les caractéristiques des patientes, a montré que la supplémentation en mélatonine n’avait pas d’effet significatif sur le CPR chez les femmes atteintes du SOPK, celles ayant une fonction ovarienne normale ou celles ayant des antécédents de faibles taux de fécondation ou d’embryons de mauvaise qualité. Néanmoins, une augmentation du nombre d’ovocytes MII a été observée chez les femmes atteintes du SOPK, mais pas chez celles ayant une fonction ovarienne normale.

En conclusion, les chercheurs soulignent que les résultats des PMA sont influencés par de nombreux facteurs. Bien que la mélatonine semble avoir un effet positif sur la qualité des ovocytes et des embryons, en particulier chez les femmes atteintes du SOPK ou présentant une diminution de la réserve ovarienne (DOR), son impact sur les taux de grossesse et de naissance vivante reste incertain. Ils recommandent donc la réalisation d’études à grande échelle, mieux conçues, avant de pouvoir recommander l’utilisation systématique de la mélatonine dans le cadre des traitements de PMA.

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