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Sur fond de frictions politiques, le G20 s’est réuni en Afrique du Sud. Qu’est-il ressorti du sommet de cette année ?

Publié le 25 novembre 2025 23:21:00. Le récent sommet du G20 en Afrique du Sud a confirmé l'importance des rencontres multilatérales, malgré les tensions géopolitiques et l'absence notable des États-Unis. Si des avancées ont été constatées sur certains…

Sur fond de frictions politiques, le G20 s’est réuni en Afrique du Sud. Qu’est-il ressorti du sommet de cette année ?

Publié le 25 novembre 2025 23:21:00. Le récent sommet du G20 en Afrique du Sud a confirmé l’importance des rencontres multilatérales, malgré les tensions géopolitiques et l’absence notable des États-Unis. Si des avancées ont été constatées sur certains dossiers, notamment l’inclusion de l’Union africaine, des reculs sont à signaler concernant la dette et l’impôt minimum mondial.

  • L’Union africaine a obtenu un siège permanent au G20, à l’instar de la Commission européenne.
  • Le G20 s’engage à œuvrer pour la paix en Ukraine, à Gaza, au Soudan et en République démocratique du Congo.
  • L’absence des États-Unis a marqué le sommet, mais n’a pas empêché l’adoption d’une déclaration commune.

Le sommet du G20, qui s’est tenu en Afrique du Sud, a mis en évidence la persistance des efforts pour renforcer le multilatéralisme, même dans un contexte international de plus en plus polarisé. L’intégration de l’Union africaine (UA) au sein du G20, aux côtés de la Commission européenne, représente une avancée significative pour le continent africain, lui offrant une voix plus forte dans les discussions économiques et politiques mondiales. Cette inclusion est le fruit d’investissements diplomatiques importants de l’Inde et du Brésil au cours des deux dernières années.

La déclaration finale du sommet témoigne d’un engagement commun en faveur de la paix, notamment en Ukraine, mais aussi dans d’autres foyers de tension comme Gaza, le Soudan et la République démocratique du Congo. Si la question ukrainienne n’a pas suscité de débats aussi vifs qu’auparavant, le G20 réaffirme sa volonté de travailler à une résolution pacifique des conflits.

Au-delà des questions de sécurité, le sommet a également été l’occasion de réaffirmer l’importance de réformer les organisations internationales, telles que les Nations Unies et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces initiatives, bien que complexes à mettre en œuvre dans le contexte actuel, sont perçues comme essentielles pour préserver l’efficacité du multilatéralisme.

Des engagements concrets ont été pris dans des domaines spécifiques, tels que la lutte contre le blanchiment d’argent et les flux financiers illicites, un enjeu majeur pour l’Afrique. Une initiative d’intelligence artificielle (IA) dédiée au continent africain a également été lancée, ainsi qu’un cadre de développement pour les minéraux critiques, essentiels pour la transition énergétique et le développement des pays en voie de développement.

Le sommet a également souligné la nécessité d’une approche globale de la migration, respectueuse des lois nationales, mais garantissant une migration sûre et ordonnée, fondée sur les droits de l’homme. L’Accord de Paris sur le climat a été réaffirmé, avec un engagement à sa mise en œuvre « complète et efficace ».

Cependant, des reculs ont été constatés sur certains fronts. L’initiative du Fonds monétaire international (FMI), lancée en 2020, visant à alléger le fardeau de la dette des pays les moins avancés, notamment en Afrique, n’a pas rencontré le succès escompté. Seuls quatre pays africains ont pu bénéficier de ce cadre de restructuration de la dette, en raison des difficultés à aligner les incitations des différents créanciers, notamment du secteur privé.

L’impôt minimum mondial, approuvé par le G20 en 2021 sous la présidence italienne, a également subi un revers, en raison de l’opposition de plusieurs pays, dont les États-Unis.

L’absence des États-Unis au sommet sud-africain a été notable, d’autant plus qu’ils doivent prendre la présidence du forum le 1er décembre. Malgré cette absence, les autres participants ont réussi à adopter une déclaration commune, malgré les réticences exprimées par Washington. Cette situation illustre une nouvelle réalité : le monde s’adapte à une stratégie américaine en évolution concernant son engagement dans les forums multilatéraux.

Le prochain sommet du G20, qui se tiendra dans le club de golf de Donald Trump près de Miami, en Floride, suscite déjà des interrogations. Les responsables américains semblent privilégier une approche plus axée sur les questions économiques et financières, ce qui pourrait se traduire par une moindre attention aux enjeux progressistes qui ont marqué les sommets précédents. On peut s’attendre à un retour en arrière sur des questions telles que la migration, le changement climatique et la coopération au développement, comme l’a déjà laissé entendre le président Trump lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies.

La coordination entre les trois pays assurant la continuité du G20 – la présidence sortante (Afrique du Sud), la présidence entrante (États-Unis) et le pays hôte de 2027 (Royaume-Uni) – sera cruciale pour maintenir un certain niveau de cohérence. Il est probable que les priorités définies sous la présidence sud-africaine soient revues à la baisse.

« L’engagement personnel direct qui découle de ces rassemblements est absolument essentiel pour naviguer dans l’environnement mondial d’aujourd’hui. »

Mark Carney, Premier ministre

Au-delà des déclarations officielles, les sommets offrent une opportunité unique pour des rencontres bilatérales entre les dirigeants. Ces échanges informels peuvent être plus fructueux que les discussions formelles. En Afrique du Sud, les dirigeants européens ont pu s’entretenir directement sur la proposition de paix en Ukraine formulée par l’administration Trump, tandis que le président brésilien Lula a pu faire le point sur les points de blocage lors de la COP30 à Belém, notamment concernant la question des hydrocarbures.

La présence des pays occidentaux en Afrique est également perçue comme un moyen de restaurer la confiance, fragilisée par les difficultés d’accès aux vaccins et aux traitements pendant la pandémie, ainsi que par les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Des annonces importantes, comme la reprise des négociations pour un accord commercial bilatéral entre le Canada et l’Inde, ont été faites en marge du sommet.

En conclusion, malgré les défis et les tensions, les sommets internationaux restent des occasions essentielles de dialogue et de rapprochement, en particulier dans un contexte mondial incertain. Ils permettent de maintenir un engagement interrégional indispensable pour aborder des questions complexes et améliorer la vie de millions de personnes.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.