Publié le 17 janvier 2026 à 21:36. L’Union européenne et le Mercosur ont officialisé ce samedi à Asunción un accord de libre-échange historique, créant la plus grande zone commerciale intégrée au monde, en réponse aux nouvelles mesures protectionnistes annoncées par l’administration américaine.
- Signature d’un accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur à Asunción.
- Création de la plus grande zone commerciale intégrée au monde, regroupant 720 millions d’habitants.
- Nouvelles tensions commerciales exacerbées par les tarifs douaniers américains.
Un accord conclu après plus de vingt-cinq ans de négociations a vu le jour ce samedi au Paraguay, marquant une étape décisive dans la coopération économique entre l’Union européenne et les pays d’Amérique du Sud. La cérémonie de signature, qui s’est déroulée au siège de la Banque centrale du Paraguay en présence de nombreux dirigeants, intervient dans un contexte de montée des tensions commerciales internationales, notamment avec les États-Unis.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les ministres des Affaires étrangères des pays du Mercosur – Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay – ont apposé leurs signatures sur le document. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, était également présent. Le président du Paraguay, Santiago Peña, dont le pays assure actuellement la présidence tournante du Mercosur, a salué un « jour véritablement historique » pour les deux continents.
« On utilise souvent les qualificatifs à la légère, mais aujourd’hui ce n’est pas le cas ; nous sommes confrontés à un jour véritablement historique, attendu depuis longtemps par notre peuple, unissant deux des marchés les plus importants du monde : l’Europe et l’Amérique du Sud. »
Santiago Peña, président du Paraguay
Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité d’un « commerce équitable » et d’une association durable, en opposition aux « tarifs douaniers » et à l’« isolement » promus par certaines puissances. De son côté, António Costa, président du Conseil européen, a tenu à rassurer les partenaires sud-américains, affirmant que l’UE ne cherche pas à établir des « sphères d’influence » ou à « dominer », mais plutôt à favoriser des « sphères de prospérité ».
Cet accord de libre-échange représente une zone économique combinée de 22 000 milliards de dollars (19 000 milliards d’euros), soit près d’un quart du produit intérieur brut mondial. Il prévoit la réduction ou l’élimination progressive des droits de douane sur environ 90 % des échanges commerciaux. L’UE estime qu’elle pourra ainsi économiser 4,6 milliards de dollars (environ 4 milliards d’euros) par an en frais de douane.
Outre les représentants des pays membres du Mercosur, les présidents argentin Javier Milei, uruguayen Yamandú Orsi, panaméen José Raúl Mulino et bolivien Rodrigo Paz ont également assisté à la cérémonie. Le Panama a récemment rejoint le Mercosur en tant qu’État associé, tandis que la Bolivie est en voie d’adhésion à part entière.
Tous les dirigeants présents ont souligné la nécessité de lutter contre le protectionnisme et de promouvoir le commerce dans un monde en pleine mutation. Javier Milei a notamment déclaré :
« Le bouclage et le protectionnisme protégés par la rhétorique sont les principales causes de la stagnation économique et de l’augmentation de la pauvreté. »
Javier Milei, président argentin
L’absence du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, fervent défenseur de l’accord, a été remarquée. Des sources officielles brésiliennes ont expliqué que l’événement était initialement prévu au niveau ministériel, mais que l’invitation aux chefs d’État avait été étendue par le président Peña en raison de l’importance de l’accord. Santiago Peña a d’ailleurs salué le leadership de Lula dans les négociations.
Parallèlement à la signature de cet accord, le président américain Donald Trump a annoncé de nouvelles mesures protectionnistes, prévoyant l’imposition de droits de douane de 10 % sur les produits provenant de huit pays européens ayant envoyé des troupes au Groenland. Il a même menacé de les augmenter jusqu’à 25 % en juin, conditionnant leur suppression à l’acquisition complète du Groenland par les États-Unis. António Costa a annoncé qu’une réponse commune de l’UE serait élaborée rapidement.

