Publié le 7 novembre 2025 à 12h56. La Chine a annoncé la suspension pour un an des restrictions à l’exportation de matières premières stratégiques, dont les terres rares, quelques jours après des entretiens commerciaux positifs avec les États-Unis. Cette décision intervient dans un contexte de détente des tensions commerciales entre les deux pays.
- La Chine suspend pendant un an les contrôles sur l’exportation de terres rares, de composants de batteries au lithium et de diamants synthétiques industriels.
- Cette mesure fait suite à un accord commercial conclu entre les présidents chinois Xi Jinping et américain Donald Trump lors d’une rencontre à Busan, en Corée du Sud.
- La suspension prend effet immédiatement et s’étend à des réglementations qui concernaient également les entreprises étrangères produisant des biens contenant des matériaux ou technologies d’origine chinoise.
Pékin a annoncé ce vendredi la suspension immédiate des mesures de contrôle des exportations imposées le 9 octobre sur des matériaux considérés comme stratégiques. Cette liste comprend les terres rares, des composants essentiels à la fabrication de technologies de pointe, ainsi que les composants de batteries au lithium à haute densité énergétique et les diamants synthétiques industriels, souvent appelés « matériaux super durs ». La suspension restera en vigueur jusqu’au 10 novembre 2026, selon un communiqué laconique du ministère du Commerce chinois.
Cette annonce intervient après une rencontre jugée constructive entre les présidents chinois Xi Jinping et américain Donald Trump à Busan, en Corée du Sud, la semaine dernière. Les deux dirigeants ont alors esquissé un certain nombre de compromis commerciaux après des mois de frictions et de tensions sur les échanges commerciaux.
Les réglementations suspendues incluaient une disposition particulièrement controversée qui étendait le contrôle chinois au-delà de ses frontières. Cette mesure obligeait les entreprises étrangères, même celles basées dans des pays tiers, à obtenir une licence d’exportation pour les produits contenant des terres rares ou utilisant des technologies d’origine chinoise. Plus précisément, toute entreprise hors de Chine devait obtenir l’autorisation du ministère du Commerce avant d’exporter des articles contenant plus de 0,1 % de matériaux chinois ou fabriqués avec une technologie chinoise d’extraction ou de traitement des terres rares. La règle interdisait également les exportations vers des utilisateurs militaires ou des entités figurant sur les listes de contrôle du ministère chinois, et exigeait que toute documentation soit soumise en langue chinoise.
Le contrôle exercé par Pékin sur la production et la transformation de ces matériaux à l’échelle mondiale était devenu un point de friction majeur dans la guerre commerciale sino-américaine, bien que les restrictions s’appliquaient à tous les pays, et pas seulement aux États-Unis.
La suspension de ces limitations s’inscrit dans le cadre d’une trêve commerciale convenue à Busan, qui prévoit un assouplissement réciproque des droits de douane et des restrictions commerciales pour une période de douze mois. Pékin a déjà annoncé cette semaine qu’elle lèverait les droits de douane supplémentaires de 24 % sur les produits en provenance des États-Unis et qu’elle supprimerait les mesures antidumping sur certaines fibres optiques nord-américaines. En contrepartie, Washington réduira ses droits de douane moyens sur les produits chinois de 57 % à 47 %.
Cette annonce coïncide avec un rebond des exportations chinoises de terres rares. Des données publiées ce vendredi indiquent une augmentation de 75 % entre septembre et octobre, après trois mois consécutifs de baisse attribuée aux restrictions imposées par Pékin. Cependant, en avril dernier, dans le cadre d’une approche progressive concernant les droits de douane avec les États-Unis, Pékin avait déjà imposé un régime de licences obligeant les entreprises étrangères à demander des permis pour exporter sept des 17 minéraux du groupe des terres rares (samarium, gadolinium, terbium, dysprosium, lutétium, scandium et yttrium) ainsi que les aimants dérivés. Ces restrictions restent en vigueur.
La Chine domine le traitement mondial des terres rares lourdes, indispensables à la fabrication de véhicules électriques, d’éoliennes, de systèmes de guidage ou de puces électroniques avancées. Elle possède également près de la moitié des réserves mondiales connues de ces éléments.