Publié le 22 décembre 2025 09h47. L’arrivée en Argentine du tirzépatide, un nouveau médicament injectable, offre un espoir inédit aux personnes souffrant de diabète de type 2 et d’obésité, grâce à des résultats prometteurs en matière de contrôle glycémique et de perte de poids.
- Le tirzépatide, commercialisé sous le nom de Mounjaro, imite deux hormones naturelles du corps pour améliorer la sécrétion d’insuline, réduire la résistance à l’insuline et diminuer l’appétit.
- Des essais cliniques suggèrent une perte de poids potentielle de 15 à 26 % du poids corporel, comparable à celle obtenue par la chirurgie bariatrique dans certains cas.
- Ce médicament nécessite un suivi médical rigoureux et des changements de mode de vie pour maintenir ses effets bénéfiques à long terme.
L’Argentine est l’un des premiers pays d’Amérique latine à mettre à disposition le tirzépatide, récemment approuvé par l’Administration nationale des médicaments, des aliments et de la technologie médicale (ANMAT). Ce nouveau traitement, distribué par le laboratoire Adium dans le cadre d’un accord avec Elie Lilly, suscite un vif intérêt tant chez les professionnels de santé que chez les patients.
Le Dr Daniel (Dong Hoo) Woo, chef de la section de nutrition de l’hôpital italien et docteur en sciences de la santé, explique que le tirzépatide agit en mimant les incrétines, le GLP-1 et le GIP.
« Cette double action est la grande nouveauté du médicament. Il améliore la sécrétion d’insuline, réduit la résistance à l’insuline, diminue l’appétit au niveau du cerveau et augmente la satiété en ralentissant le transit gastro-intestinal »
Dr Daniel (Dong Hoo) Woo, chef de la section de nutrition de l’hôpital italien
Le résultat est un meilleur contrôle de la glycémie et une perte de poids significative, selon le spécialiste, et ce « sans grande souffrance ».
Les essais cliniques ont révélé des résultats particulièrement encourageants.
« Les essais cliniques ont montré une perte de poids bien supérieure à celle des autres médicaments disponibles et que, dans certains cas, ils se rapprochent des résultats d’une chirurgie bariatrique »
Dr Daniel (Dong Hoo) Woo, chef de la section de nutrition de l’hôpital italien
Contrairement à d’autres traitements agissant uniquement sur le récepteur GLP-1, le tirzépatide combine l’effet du GIP, ce qui renforce son efficacité. Les patients pourraient ainsi perdre entre 15 et 26 % de leur poids corporel, un chiffre sans précédent pour un traitement médicamenteux.
Cependant, le Dr Woo insiste sur le fait que le tirzépatide n’est pas une solution miracle et qu’il est destiné aux personnes obèses (indice de masse corporelle ou IMC supérieur ou égal à 30), aux personnes en surpoids (IMC supérieur ou égal à 27) présentant des comorbidités telles que l’hypertension, le prédiabète, l’hypercholestérolémie ou l’apnée du sommeil, ainsi qu’aux patients atteints de diabète de type 2. Il souligne que le médicament doit toujours être associé à une alimentation saine et à une activité physique régulière.
« Tirzepatide est un outil, ne remplace pas les changements d’habitudes. Sans changement de mode de vie, le médicament perd de son efficacité. »
Dr Daniel (Dong Hoo) Woo, chef de la section de nutrition de l’hôpital italien
Les effets indésirables les plus fréquemment observés sont d’ordre gastro-intestinal (nausées, vomissements, diarrhée, constipation et reflux). Le traitement est donc initié à faible dose (2,5 mg par semaine) et augmenté progressivement en fonction de la tolérance du patient.
Le coût du tirzépatide en Argentine représente un obstacle non négligeable. La version de 2,5 milligrammes, contenant quatre doses de 0,6 millilitre, est proposée au prix de 584 199,20 pesos argentins, tandis que la présentation de 5 milligrammes coûte 783 858,40 pesos argentins. Le Dr Woo note que la couverture par les assurances est souvent limitée, en particulier pour l’obésité, considérée comme une maladie chronique par de nombreux régimes d’assurance.
Le spécialiste conclut en soulignant l’importance d’une approche responsable et durable.
« Le véritable changement ne réside pas seulement dans l’injection, mais dans l’apprentissage et le maintien d’habitudes saines. Le succès ne se mesure pas seulement par le chiffre sur la balance, mais aussi par l’amélioration globale de la santé métabolique. »
Dr Daniel (Dong Hoo) Woo, chef de la section de nutrition de l’hôpital italien
