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Sandro Castro s’exprime sur le cas Alejandro Gil

by Nicolas Lefèvre

Publié le 24 novembre 2025 à 00h46. L’ancien ministre cubain Alejandro Gil, accusé d’espionnage pour le compte de la CIA et de multiples délits économiques, risque la prison à vie, selon sa sœur. L’affaire, qui s’est déroulée dans le plus grand secret, révèle les tensions internes au pouvoir cubain et l’opacité de son système judiciaire.

  • Le petit-fils de Fidel Castro, Sandro Castro, a laissé entendre que la « trahison » est punie de mort.
  • María Victoria Gil dénonce un montage orchestré par le Premier ministre Manuel Marrero contre son frère.
  • Le procès d’Alejandro Gil s’est tenu à huis clos, sans transparence ni accès à la presse indépendante.

L’affaire Alejandro Gil, figure influente de l’équipe économique de Miguel Díaz-Canel jusqu’à sa chute en disgrâce, est devenue un symbole de la répression et du secret qui entourent les affaires sensibles à Cuba. L’ancien ministre est accusé d’espionnage, de détournement de fonds, de corruption, d’évasion fiscale, de blanchiment d’argent, de falsification de documents publics, de trafic d’influence et d’actes préjudiciables à l’activité économique ou à la passation de marchés.

Samedi, María Victoria Gil a affirmé, dans une interview accordée à Mario J. Pentón, que des sources « très fiables » confirmaient que le régime accuse son frère d’espionnage pour le compte de la CIA, une accusation qu’elle juge « absurde » et que l’ancien ministre « nie catégoriquement, point par point » depuis le début de l’enquête. Elle a également salué le travail de son avocat, qu’elle qualifie de « brillant ».

Selon ses dires, Alejandro Gil et son épouse ont été placés en détention dans une maison opérationnelle du Ministère de l’Intérieur pendant quatre mois, avant d’être transférés à la prison à sécurité maximale de Guanajay, où les visites étaient limitées à 15 minutes toutes les deux semaines. María Victoria Gil désigne le Premier ministre Manuel Marrero comme le principal responsable de la situation de son frère : « C’est lui qui a été devant et derrière tout cela. » Elle affirme que, bien que Miguel Díaz-Canel soit souvent critiqué publiquement, il ignorait tout de l’enquête, ce qui suggérerait un manque d’information au sommet de l’État.

L’affaire prend une tournure troublante avec les déclarations de Sandro Castro, petit-fils du défunt dictateur Fidel Castro. Dans une session de questions-réponses sur Instagram, il a affirmé qu’il respectait les « affaires gouvernementales » mais a ajouté, de manière glaçante :

« La trahison se paie par la mort. »

Sandro Castro

Le procès contre Alejandro Gil s’est achevé il y a dix jours, à huis clos et dans le plus grand secret. Aucun média d’État n’a publié de détails sur les accusations ou les preuves présentées, laissant planer le spectre d’une peine exemplaire, allant de la réclusion à perpétuité à une sanction symbolique destinée à envoyer un message à l’appareil politique.

Cette affaire se déroule dans un contexte de crise économique, sanitaire et politique sans précédent à Cuba, et illustre, selon les observateurs, la brutalité interne du pouvoir et la tragédie d’un fonctionnaire qui a choisi de rester fidèle à son pays.

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