Publié le 2 novembre 2023 10h00. Les infections sexuellement transmissibles (IST) connaissent une recrudescence inquiétante en Europe et en Italie, allant au-delà des cas classiques pour inclure des maladies émergentes ou réapparues. Un congrès à Florence se penche sur cette urgence de santé publique et la nécessité d’une approche multidisciplinaire.
- Le nombre de cas de gonorrhée a fortement augmenté en Europe, atteignant près de 97 000 en 2023.
- L’Italie observe également une hausse des infections à la syphilis, la gonorrhée et la chlamydia.
- De nouvelles IST, comme la variole du singe et certaines infections gastro-intestinales transmises sexuellement, se propagent, avec des risques accrus de résistance aux antibiotiques.
La situation des infections sexuellement transmissibles (IST) en Europe et en Italie suscite une vive préoccupation. Après une période de relative stabilité, les chiffres repartent à la hausse, témoignant d’une urgence de santé publique qui nécessite une réponse coordonnée. Cette recrudescence sera au cœur du XIe Congrès national de la Société interdisciplinaire pour l’étude des maladies sexuellement transmissibles (Simast), qui se tiendra à Florence les 5 et 6 novembre.
Selon les données de Simast, l’Europe a enregistré près de 97 000 cas de gonorrhée en 2023, contre environ 70 000 l’année précédente. En Italie, la syphilis, la gonorrhée et la chlamydia montrent également une tendance à la hausse. Cette évolution reflète à la fois un retour à la normale des interactions sociales après la pandémie de Covid-19 et des lacunes persistantes en matière de prévention et de dépistage, exposant particulièrement les jeunes et les populations les plus vulnérables.
Au-delà des IST traditionnelles, de nouvelles maladies sexuellement transmissibles émergent ou réapparaissent. La variole du singe, qui avait fait l’actualité en 2022, a connu d’autres foyers épidémiques, notamment en Toscane. Des infections gastro-intestinales, telles que Campylobacter, Salmonella, Shigella, Entamoeba histolytica et l’hépatite A, traditionnellement transmises par l’alimentation et l’eau, se propagent également par voie sexuelle, en particulier chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH). Ces infections sont de plus en plus associées à des taux élevés de résistance aux antibiotiques, notamment les macrolides, les fluoroquinolones et les pénicillines.
« La variole du singe a fait l’actualité en 2022, mais en Italie, y compris en Toscane, il y a eu d’autres foyers épidémiques encore plus récemment. »
Luigi Pisano, directeur médical en dermatologie et vénéréologie de l’hôpital Piero Palagi de Florence et président du Congrès
Le congrès de Florence mettra en lumière la nécessité d’une approche multidisciplinaire pour faire face à cette situation complexe, en renforçant la sensibilisation à la prévention et en facilitant l’accès au dépistage. Il s’agira d’une occasion pour les professionnels de santé, les chercheurs et les acteurs de la santé publique d’échanger sur les meilleures stratégies pour endiguer la propagation des IST et protéger la santé des populations.
