Publié le 2025-12-23 00:52:00. L’hôpital Beaufort Memorial, en Caroline du Sud, a été épinglé par les autorités fédérales suite à un incident alarmant : une patiente a accouché seule sur le parking de l’établissement en mars dernier, faute d’une prise en charge rapide et appropriée. Cette situation a révélé des lacunes dans la formation du personnel et les procédures d’urgence.
- L’hôpital a été sanctionné pour des manquements à la loi fédérale Emergency Medical Treatment and Active Labor Act (EMTALA).
- Le rapport critique un manque de formation adéquate du personnel concernant les procédures d’urgence obstétricales.
- Des travaux sur le site de l’hôpital et des fermetures de routes ont compliqué l’accès au centre de maternité pour la patiente.
Selon un rapport des Centres pour Medicare et Medicaid Services, l’hôpital Beaufort Memorial a manqué à ses obligations en matière de traitement médical d’urgence, telles que définies par l’Emergency Medical Treatment and Active Labor Act (EMTALA) de 1986. Cette loi exige que tout établissement hospitalier évalue et traite les patients présentant une urgence médicale, quel que soit leur statut ou leur capacité de paiement.
Le rapport souligne que la formation EMTALA dispensée au personnel était incomplète, ne couvrant pas suffisamment les définitions clés, les exigences de la politique et les directives concernant les médecins de garde. Il s’agit de la première violation de ce type pour l’hôpital depuis 2010, selon les registres fédéraux.
Les faits remontent au 11 mars dernier. Vers 7h30, le compagnon de la patiente s’est précipité aux urgences, expliquant que les eaux de sa partenaire étaient rompues alors qu’ils arrivaient sur le parking et qu’elle sentait la tête du bébé descendre. Le personnel des urgences a conseillé à l’homme de se rendre au centre de maternité voisin, sans toutefois se déplacer pour évaluer l’état de la femme et déterminer si le trajet était sûr.
La situation a été compliquée par des travaux en cours sur le site de l’hôpital et des fermetures de routes, rendant difficile la localisation du centre de maternité. Le compagnon de la patiente s’est alors rendu au centre chirurgical pour obtenir de l’aide. C’est finalement seule, dans la voiture, que la femme a accouché d’un garçon. Le personnel a retrouvé le nouveau-né sur la poitrine de sa mère.
[email protected]
Les images de vidéosurveillance montrent un véhicule de type “Jeep” se garrant devant les urgences et un homme se précipitant à l’intérieur, une femme en position d’accouchement assise sur le siège passager, les pieds posés sur le tableau de bord.
L’aide-soignant de garde a déclaré aux enquêteurs qu’il n’y avait pas d’infirmière en triage assignée au hall des urgences, ce qui contrevient au protocole qui exige la présence permanente d’une personne à ce poste. Il a également expliqué que la route directe vers le centre de maternité était bloquée par des travaux et qu’il avait donc conseillé au compagnon de la patiente de l’emmener en voiture.
« Je n’aurais jamais dû faire ça »,
L’aide-soignant, lors d’un entretien.
Il regrette d’avoir envoyé le couple au centre de maternité sans évaluer la situation sur place. Lorsque l’homme est revenu demander de l’aide, l’aide-soignant n’a pas alerté l’infirmière responsable, ce qui aurait dû être fait en l’absence d’infirmière en triage.
Un responsable du service a affirmé qu’il n’y avait « aucune excuse » pour cette négligence et que la patiente aurait dû être aidée à entrer aux urgences pour un examen. Il a confirmé que la politique de l’hôpital exige que les patientes en travail soient transportées au centre de maternité par le personnel hospitalier.
Les enquêteurs ont constaté que tous les membres du personnel n’avaient pas reçu la même formation EMTALA. Le rapport se termine en soulignant des lacunes dans les politiques de l’hôpital en matière d’accouchement, notamment l’absence d’un « processus de triage obstétrical défini » conforme aux normes nationales.
Selon un article du Post and Courier, les autorités fédérales ont approuvé un plan présenté par Beaufort Memorial pour corriger les manquements constatés. L’hôpital a mis en place une nouvelle formation en ligne obligatoire pour tout le personnel et s’est engagé à assurer la présence permanente d’une infirmière au poste de réception des urgences.
Interrogé sur le rapport fédéral, un porte-parole de l’hôpital a transmis une déclaration de Russell Baxley, président-directeur général de Beaufort Memorial :
« Nous prenons très au sérieux nos obligations légales. La sécurité des patients et l’accès aux soins d’urgence restent nos priorités absolues »,
Russell Baxley, président-directeur général de Beaufort Memorial.
« Beaufort Memorial reste attaché à ces priorités et au respect de la loi. Pour le moment, l’affaire n’est pas close et nous ne ferons plus de commentaires. »
Fondé en 1944, l’hôpital Beaufort Memorial est agréé par l’État et administré par un conseil d’administration de neuf membres nommés par le conseil du comté de Beaufort. Ses projets d’expansion comprennent de nouvelles installations à Bluffton et sur l’île Hilton Head.
Hôpital Mémorial de Beaufort
