Publié le 26 novembre 2025 19:47:00. Le procureur général vénézuélien, Tarek William Saab, a dénoncé ce mercredi des opérations menées par les forces antidrogues américaines en mer des Caraïbes, les qualifiant de « crimes contre l’humanité » et appelant à une réaction internationale face à ce qu’il considère comme une menace pour le droit international.
- Tarek William Saab accuse les États-Unis d’avoir attaqué 20 navires en eaux internationales.
- Il affirme que ces attaques ont fait environ 80 morts et viole le droit maritime international.
- Le procureur général se dit favorable à un dialogue direct entre Nicolas Maduro et le président américain Donald Trump.
Lors d’une conférence de presse donnée à l’occasion du 56e anniversaire du Ministère public, Tarek William Saab a fermement condamné les récentes actions des forces américaines contre des navires en mer des Caraïbes, présentées comme des opérations antidrogue. Il a toutefois souligné que, selon les informations dont il dispose, certains de ces navires transportaient du poisson, notamment des sacs de thon et de crevettes.
Saab a dénoncé une violation flagrante du droit international.
« Je veux souligner comme un rejet total de la part du Ministère Public l’attaque de 20 bateaux dans les eaux internationales contre des navires, soi-disant transportant des drogues illicites et apparemment il y avait du poisson, des sacs (…) de thon, de crevettes »
Tarek William Saab, procureur général de la République
Il estime que ces opérations, menées dans les Caraïbes et le Pacifique, constituent des crimes contre l’humanité, perpétrés sans discrimination.
Le procureur général a insisté sur l’absence de fondement juridique de ces opérations, soulignant qu’elles contreviennent à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Il a rappelé que le recours à la force meurtrière contre un navire civil en eaux internationales est généralement interdit, sauf en cas de légitime défense ou avec l’autorisation d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce qui n’était pas le cas ici.
Saab a exprimé son inquiétude quant à l’avenir du droit international.
« Avec ce qui s’est passé au Venezuela et dans les Caraïbes, nous sommes au bord de l’extinction du droit international public et du droit international des droits de l’homme. »
Tarek William Saab, procureur général de la République
Il a ajouté que ces actions remettent en question des principes fondamentaux établis depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, issue de la Révolution française, jusqu’à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
Le procureur général a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle se positionne contre ces actions, avertissant que l’impunité pourrait conduire à des abus généralisés.
« Parce qu’à partir de là, littéralement, jusqu’à ce que n’importe quel citoyen dans le monde soit abattu et assassiné pour quelque excuse que ce soit, je ne vais même pas dire qu’il y a un pas, cela est déjà en train de se produire et la voix de la planète doit s’élever contre tout cela. »
Tarek William Saab, procureur général de la République
Enfin, Tarek William Saab s’est dit favorable aux récentes déclarations du président américain Donald Trump, qui a manifesté sa volonté d’engager un dialogue direct avec Nicolas Maduro concernant les opérations antidrogue en Vénézuela.
« Le président des États-Unis lui-même a déclaré, je crois, déjà à quatre reprises, qu’il avait gagné des conversations directes avec le président Nicolás Maduro, ce qui est le bienvenu »
Tarek William Saab, procureur général de la République
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