Publié le 27 novembre 2025 à 16h30. Une zone de faiblesse du champ magnétique terrestre, située au-dessus de l’océan Atlantique Sud, continue de s’étendre, posant un risque croissant pour les satellites et les astronautes.
- L’Anomalie de l’Atlantique Sud (AAS) a augmenté de près de la moitié de la taille de l’Europe depuis 2014.
- Cette zone de champ magnétique affaibli expose les satellites à des interférences électroniques et potentiellement à des pannes.
- Les scientifiques surveillent attentivement l’évolution de cette anomalie, sans pour autant prévoir d’inversion du champ magnétique terrestre à court terme.
Des scientifiques ont récemment constaté des changements significatifs dans le champ magnétique terrestre, ce bouclier invisible qui protège la vie sur Terre des radiations nocives émises par le Soleil. L’attention se concentre particulièrement sur l’Anomalie de l’Atlantique Sud (AAS), une zone où le champ magnétique est exceptionnellement faible.
Selon les données analysées, l’AAS s’est considérablement étendue depuis 2014, couvrant désormais une superficie équivalente à près de la moitié de celle de l’Europe. Le point le plus faible de cette anomalie a été mesuré à 22 094 nanoteslas, soit une diminution de 336 nanoteslas par rapport aux mesures précédentes.
Le champ magnétique terrestre est généré par les mouvements du fer en fusion au cœur de notre planète, à une profondeur d’environ 2 900 kilomètres. Il dévie les particules chargées provenant du Soleil, qui pourraient endommager l’ADN, provoquer des cancers ou perturber le fonctionnement des appareils électroniques. Les aurores boréales et australes sont une manifestation visible de ce champ magnétique en action.
Parallèlement à l’expansion de l’AAS, une diminution de l’intensité du champ magnétique a également été observée au nord du Canada, sur 0,65 % de la surface terrestre. Le point le plus fort de cette région est passé à 58 031 nanoteslas. À l’inverse, la zone de champ magnétique intense en Sibérie a connu une croissance de 0,42 %, atteignant une intensité maximale de 61 619 nanoteslas. Les chercheurs pensent que ces variations sont liées aux mouvements du métal liquide au sein du noyau terrestre, bien que les mécanismes précis restent à élucider.
Ces modifications du champ magnétique ont des conséquences directes sur les satellites en orbite. En traversant l’AAS, ils sont exposés à un niveau de rayonnement plus élevé, ce qui peut entraîner des dysfonctionnements électroniques, voire des pannes complètes. Les astronautes en orbite terrestre basse sont également concernés, mais leur exposition est plus courte, car ils ne restent généralement en orbite que pendant quelques années.
Les chercheurs suggèrent de renforcer les vaisseaux spatiaux pour mieux résister aux effets de ces radiations, compte tenu de la progression continue de l’AAS. Cependant, l’étude ne révèle aucun signe d’inversion du champ magnétique terrestre, un phénomène qui s’est déjà produit à plusieurs reprises dans l’histoire géologique de la Terre sans conséquences catastrophiques.
« Ces données sont cruciales pour comprendre la dynamique du noyau terrestre et prévoir les risques pour les satellites et les astronautes. »
Hagay Amit, géophysicien à l’Université de Nantes en France
Le géophysicien Hagay Amit souligne l’importance de poursuivre les mesures géomagnétiques de haute qualité afin de mieux comprendre ces phénomènes et d’anticiper leurs impacts. Science en direct a publié un article détaillé sur ces recherches.
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