Publié le 26 juillet 2024 10h15. Telefónica envisage de se retirer du Venezuela, un marché autrefois stratégique devenu problématique, dans le cadre d’une réorientation vers le marché européen et d’une possible consolidation du secteur des télécommunications.
- Telefónica a gelé un investissement de 500 millions d’euros (environ 545 millions de dollars américains) prévu au Venezuela.
- L’entreprise a progressivement réduit sa présence en Amérique latine, ne conservant que des opérations au Brésil, au Chili, au Mexique et au Venezuela.
- Telefónica étudie des options de consolidation, notamment une possible acquisition de Vodafone, pour renforcer sa position en Europe.
Telefónica a discrètement décidé de mettre fin à ses activités au Venezuela, selon des sources proches de l’entreprise. Ce pays, autrefois un pilier de sa présence en Amérique latine, est devenu un fardeau financier depuis les difficultés économiques rencontrées sous les gouvernements successifs d’Hugo Chávez et Nicolás Maduro. L’entreprise n’a pas souhaité commenter officiellement cette décision.
L’activité de Telefónica au Venezuela s’est considérablement détériorée, malgré une annonce en février dernier d’un investissement de 500 millions d’euros (environ 545 millions de dollars américains) sur deux ans. Cet investissement semble désormais suspendu, marquant un tournant dans la stratégie de l’entreprise.
Cette décision s’inscrit dans une tendance plus large de retrait de Telefónica des marchés latino-américains. L’entreprise a récemment cédé ses activités en Argentine, en Colombie et au Pérou, se concentrant désormais sur le Brésil, le Chili, le Mexique et, pour l’instant, le Venezuela. À la fin de 2024, l’Amérique latine représentait 21,8 % de ses ventes totales, soit 9 032 millions d’euros (environ 9 870 millions de dollars américains), un chiffre supérieur à celui de l’Allemagne (8 492 millions d’euros) mais inférieur à celui du Brésil (9 618 millions d’euros) et de l’Espagne (12 791 millions d’euros).
Situation de Telefónica au Venezuela
Le président de Telefónica, Marc Murtra, ambitionne de concentrer les efforts de l’entreprise sur le marché européen. Un plan stratégique détaillé sera présenté en novembre, et les contours de cette réorientation sont suivis de près par les observateurs du secteur.
Parallèlement, Telefónica étudie la possibilité d’une réduction de ses effectifs, une hypothèse qui ne serait pas surprenante compte tenu de la diminution de 20 000 postes au sein de l’entreprise depuis 2008. Des rumeurs circulent à ce sujet, comme le suggère cet article.
Telefónica cherche à se positionner dans un contexte de transformation du secteur technologique, où les acteurs traditionnels perdent du terrain et de nouveaux champions émergent. L’entreprise envisage des opérations de consolidation, mais se heurte à des obstacles. Deutsche Telekom, avec une capitalisation boursière dépassant les 140 milliards d’euros (environ 153 milliards de dollars américains), est considéré comme trop important. Orange et Telecom Italia, quant à eux, sont fortement influencés par les gouvernements respectifs.
Vodafone, une entreprise britannique privée, apparaît comme une cible idéale. Certaines sources évoquent même l’acquisition exclusive de Vodafone Espagne, mais Telefónica estime que cette option ne suffirait pas à résoudre ses problèmes stratégiques.