L’Afrique du Sud a consommé 601 000 barils de pétrole et d’autres liquides par jour en 2022, devenant le premier consommateur d’Afrique subsaharienne, selon l’U.S. Energy Information Administration. Le pays s’appuie sur une industrie sophistiquée de carburants synthétiques, notamment via des installations à Secunda et Mossel Bay.
Domination de la consommation de pétrole en Afrique subsaharienne
L’Afrique du Sud s’est imposée comme le plus grand consommateur de produits pétroliers et autres liquides de la région subsaharienne en 2022, dépassant le Nigeria avec un volume de 601 000 barils par jour, d’après les données de l’U.S. Energy Information Administration (EIA). Cette position s’inscrit dans un contexte économique global où, selon les dernières estimations du Groupe de la Banque mondiale, l’Afrique du Sud représentait la plus grande économie d’Afrique subsaharienne en 2023 en termes de produit intérieur brut (PIB).
Cette consommation élevée reflète l’industrialisation avancée du pays par rapport à ses voisins et une dépendance structurelle aux transports routiers pour le fret et le transit de marchandises. Contrairement à d’autres nations exportatrices de pétrole de la région, l’Afrique du Sud doit équilibrer ses besoins énergétiques entre les importations de brut et sa capacité de production interne.
Production de carburants synthétiques à Secunda et Mossel Bay
Pour répondre à ses besoins, le pays a développé une infrastructure industrielle spécialisée dans la transformation de matières premières non pétrolières en combustibles liquides. Selon l’EIA, l’Afrique du Sud exploite une industrie de carburants synthétiques comprenant :
- Une usine de transformation du gaz en liquides (GTL) située à Mossel Bay.
- Une usine de transformation du charbon en liquides (CTL) située à Secunda.
Ces installations sont opérées par le groupe Sasol, une entreprise chimique et énergétique mondiale. L’usine de Secunda est l’une des plus grandes installations de conversion du charbon en liquides au monde. Elle utilise le procédé Fischer-Tropsch, une technologie chimique qui convertit le gaz de synthèse (syngas), produit à partir du charbon, en hydrocarbures liquides tels que le diesel et le naphta.
L’usine de Mossel Bay applique un principe similaire pour le GTL, transformant le gaz naturel en produits pétroliers synthétiques. Ces installations permettent au pays de produire des carburants liquides à partir de ressources locales, réduisant ainsi la dépendance exclusive aux importations de pétrole brut et renforçant la sécurité énergétique nationale face à la volatilité des marchés mondiaux.
Prédominance du charbon dans le mix énergétique
Malgré l’importance de sa consommation de produits pétroliers, l’économie sud-africaine reste massivement dépendante du charbon. En 2022, le charbon représentait 73 % de la consommation d’énergie primaire du pays, contre 21 % pour le pétrole brut et les autres liquides pétroliers, selon l’EIA. Le gaz naturel ne comptait que pour 3 %, tandis que le nucléaire (2 %), l’hydroélectricité (1 %) et les autres énergies renouvelables (1 %) complétaient le mix.

Cette dépendance est encore plus marquée dans le secteur électrique. L’EIA rapporte que 88 % de la production d’électricité en 2022 provenait du charbon. Le nucléaire a contribué à hauteur de 4 %, l’hydroélectricité à 1 % et les autres énergies renouvelables à 7 %.
La production électrique est largement centralisée sous la gestion d’Eskom, l’entreprise publique d’électricité. L’infrastructure repose sur un parc de centrales thermiques au charbon vieillissantes, dont beaucoup ont dépassé leur durée de vie technique prévue.
Défis infrastructurels et transition énergétique
L’EIA précise que le secteur électrique sud-africain subit des coupures de courant fréquentes en raison d’un investissement insuffisant dans les infrastructures. Ce phénomène, connu localement sous le terme de « load shedding » (délestage), consiste en des interruptions programmées de l’alimentation électrique pour éviter l’effondrement total du réseau national lorsque la demande excède l’offre.

Pour pallier ce problème, le pays cherche à diversifier sa production en attirant des investissements dans les énergies renouvelables. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Plan des ressources intégrées (Integrated Resource Plan – IRP), le document cadre du gouvernement sud-africain qui définit la composition future du mix énergétique.
L’objectif est d’augmenter la part du solaire et de l’éolien pour réduire la pression sur les centrales d’Eskom. Cependant, le processus de transition est complexe en raison de l’importance sociale et économique du secteur minier du charbon, qui emploie des dizaines de milliers de travailleurs. Bien que le pays s’engage vers une décarbonation progressive, le charbon doit rester la source principale d’énergie dans un avenir proche pour maintenir la stabilité du réseau électrique.