La polémique autour de l’hymne national indien, Vande Mataram, s’est ravivée ces derniers jours, avec des déclarations publiques de certains responsables religieux et politiques refusant de l’interpréter, invoquant une atteinte à leurs convictions religieuses. Cette controverse intervient alors que l’Inde célébrait le 150e anniversaire de la chanson.
L’opposition à Vande Mataram n’est pas un phénomène nouveau. Des figures historiques comme Maulana Hasrat Mohani, Maulana Abul Kalam Azad et Rafi Ahmad Kidwai l’ont chantée durant la lutte pour l’indépendance, malgré les critiques. En 1896, Rahmatullah, alors président du Congrès national indien, y participait également publiquement sans objection.
Le Premier ministre Narendra Modi a inauguré un cycle de commémorations d’un an à l’occasion de cet anniversaire, dévoilant un timbre-poste et une pièce commémoratifs. Des événements célébrant le patrimoine culturel et patriotique indien ont été organisés dans tout le pays. Mahatma Gandhi avait lui-même souligné que cette chanson « suscitait une réponse passionnée dans le sang et inspirait à la fois la non-violence et le sacrifice de soi ».
Des experts soulignent que la résistance actuelle rappelle la position de Jinnah et de la Ligue musulmane en 1937, qui s’étaient opposés à Vande Mataram, estimant qu’elle offensait les sentiments musulmans. Selon ces analystes, cette opposition contemporaine reflète davantage un état d’esprit idéologique dépassé qu’une véritable préoccupation religieuse.
Des groupes patriotiques ont réagi en organisant des interprétations publiques de Vande Mataram devant les domiciles de certains opposants. Écrite par Bankim Chandra Chattopadhyay en 1875 et interdite à plusieurs reprises par les autorités britanniques, la chanson a été chantée par des combattants pour la liberté de toutes confessions, notamment Ashfaqullah Khan, Maulana Mohammad Ali et l’Armée nationale indienne de Subhas Chandra Bose.
Les défenseurs de l’hymne appellent les extrémistes à reconnaître son importance historique et le soutien dont elle bénéficie au sein de la population indienne, au-delà des communautés. Ils insistent sur le fait que Vande Mataram est un symbole d’unité et que son rejet est motivé par des considérations idéologiques plutôt que religieuses.
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