Thierry Neuville a abandonné lors de la onzième spéciale du Rallye de Sardaigne après avoir percuté un arbre, anéantissant ses derniers espoirs de victoire et illustrant une saison difficile où chaque écart s’est payé au prix fort pour le pilote belge.
Le week-end en Italie s’est refermé sur une cruelle désillusion pour Thierry Neuville au volant de sa Hyundai i20 N. Alors qu’il occupait la tête du classement général au départ de la deuxième étape, le pilote belge bataillait ferme face au Suédois Oliver Solberg pour s’emparer de la victoire en Sardaigne.
L’erreur fatale dans la onzième spéciale et l’abandon de Neuville
La bascule s’est produite lors de la matinée de samedi. Voulant esquiver une pierre menaçante positionnée à l’intérieur d’un virage, le pilote de Saint-Vith a effectué une correction au volant qui a immédiatement déstabilisé l’arrière de sa monture, selon les explications livrées par le Belge lui-même.

« Le plan était de livrer bataille à Oliver et d’essayer d’offrir la victoire à Hyundai. Quelques centaines de mètres après le départ de la spéciale, j’ai repéré la pierre à l’intérieur du virage. J’ai pensé que nous prenions le virage un peu trop serré, j’ai donc ouvert un peu plus le volant, mais j’ai perdu l’arrière et j’ai percuté un arbre, ce qui a cassé la roue. J’ai tout de suite su que c’était fini. »
Thierry Neuville, pilote Hyundai
Cet impact contre un arbre en bord de piste a brisé la roue de la voiture et provoqué un arrêt instantané. Indemne tout comme son copilote Martijn Wydaeghe, le duo a vu sa Hyundai subir d’importants dégâts matériels dans le choc.
Une conclusion à l’image d’une saison de WRC difficile
L’abandon sur les pistes italiennes vient clore une campagne mondiale marquée par la frustration pour le clan belge. Engagé dans cette 13e et ultime manche du championnat du monde WRC, le représentant de Hyundai a dressé un constat sans appel sur sa dynamique annuelle.

« C’est à l’image de la saison. Les moindres écarts de trajectoire, on les a tous payés cash cette année. Et quand c’est comme ça, on a beau retourner toutes les pierres, mettre toutes les efforts et toute l’énergie dans la bagarre, les étoiles ne s’alignent pas. »
Thierry Neuville, pilote Hyundai
Malgré la déception de voir ses ambitions de podium s’envoler brutalement le samedi, le pilote a fait le choix de repartir le lendemain dimanche pour boucler les derniers kilomètres de l’épreuve et amener sa machine jusqu’à l’arrivée. Une manière de tourner la page d’une année éprouvante avant de se tourner vers la trêve hivernale.
« Je peux dire qu’on est quand même assez satisfait que ce soit le dernier rallye de la saison et qu’on puisse utiliser l’hiver pour remonter la pente, retrouver l’énergie, la motivation et tout ce qu’il faut pour revenir au niveau. »
Thierry Neuville, pilote Hyundai
Les répercussions sur la course au titre mondial
La sortie de route du Belge a également bouleversé la hiérarchie en tête et modifié l’équation pour la couronne mondiale. En héritant de la première place, Oliver Solberg s’est propulsé en position idéale pour contester le trône à Elfyn Evans, tout en regrettant l’incident de son rival.
« Il fallait qu’il conserve sa position pour que nous puissions nous battre. J’ai pris de l’avance, certes, mais il aurait mieux valu qu’il reste dans la course, car (Elfyn) Evans remonte lui aussi au classement. »
Oliver Solberg, pilote Toyota
Cette bousculade au classement a resserré les écarts au championnat avant l’explication finale de la Power Stage. Alors que la catégorie Rally1 tire sa révérence en Sardaigne avant l’introduction d’un nouveau règlement technique en 2027, Elfyn Evans ne conservait qu’une marge infime d’un petit point sur le Suédois au classement virtuel au moment d’aborder les derniers kilomètres de Sassari-Argentiera.