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Tournant: justice sélective

by Nicolas Lefèvre

Publié le 28 septembre 2023. Une recommandation de poursuites criminelles visant des sénateurs et d’anciens responsables gouvernementaux dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds publics pour des projets de lutte contre les inondations à Bulacan suscite des interrogations sur la lenteur et les inégalités du système judiciaire philippin.

  • Le Bureau national d’enquête (NBI) a recommandé des accusations contre des personnalités politiques de premier plan, dont les sénateurs Jinggoy Estrada et Joel Villanueva.
  • L’article souligne un contraste frappant dans le traitement judiciaire entre les personnes fortunées et les individus défavorisés.
  • L’auteur exprime des inquiétudes quant à la possibilité que l’influence et les ressources financières des accusés compromettent l’issue du procès.

Le 23 septembre dernier, le Bureau national d’enquête (NBI) a transmis aux procureurs une recommandation de poursuites pénales à l’encontre de plusieurs figures politiques et d’anciens fonctionnaires. Parmi eux figurent les sénateurs Jinggoy Estrada et Joel Villanueva, le député Zaldy Co, l’ancienne députée Mitch Cajayon, ainsi que d’anciens sous-secrétaires du ministère des Travaux publics et des Routes (DPWH) de la province de Bulacan. Ils sont soupçonnés d’être impliqués dans le détournement de plusieurs milliards de pesos (la monnaie philippine) alloués à des projets de contrôle des inondations dans cette région.

À ce jour, cependant, aucune accusation formelle n’a été déposée. Selon les informations disponibles, les procureurs continuent d’étudier le dossier et semblent prendre leur temps avant de prendre une décision. Cette situation met en lumière, selon l’auteur, les faiblesses et la lenteur du système judiciaire philippin, en particulier lorsqu’il s’agit d’affaires impliquant des personnalités influentes.

L’article établit un parallèle saisissant entre la rapidité avec laquelle la justice est rendue dans les cas impliquant des délits mineurs et la lenteur excessive dont font preuve les autorités dans les affaires de corruption impliquant des individus fortunés. L’auteur illustre cette disparité en évoquant le cas d’une personne pauvre accusée de vol à l’étalage : « Si un pauvre est signalé aux autorités pour avoir volé des produits d’épicerie dans un centre commercial, un élément de la loi se matérialise sur place, confisque et revient immédiatement l’élément volé d’où il a été pris, arrête le suspect et le fait incarcérer pendant qu’il est officiellement chargé, et n’est libéré que lors de l’acquittement par la cour. »

L’auteur craint que les accusés, notamment les hauts responsables du gouvernement comme Estrada et Villanueva, ne bénéficient d’un traitement de faveur, avec l’assistance d’une équipe d’avocats et la possibilité d’éviter la détention provisoire pendant toute la durée du procès. Il souligne également que leur fortune et leur influence pourraient potentiellement influencer le résultat du procès. La question soulevée est donc de savoir si la justice sera véritablement rendue, ou si elle sera retardée, voire niée, en raison du pouvoir et de l’influence des personnes impliquées.

(Mindaviews est la section d’opinion de Mindanews. William R. Adam, Ph.D., est professeur émérite et ancien recteur de l’Université d’État de Mindanao à Naawan, Misamis Oriental.)

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