Publié le 11 octobre 2024 11h01. Démangeaisons, allergies, gale… le Dr Máximo Adamo démystifie les troubles cutanés courants et explique comment les distinguer, tout en soulignant l’importance d’une hygiène adaptée et d’un diagnostic précis.
- La gale, affection contagieuse mais bénigne, est souvent confondue avec une simple allergie.
- L’utilisation excessive de gel hydroalcoolique pendant la pandémie a entraîné une augmentation des dermatites.
- Le printemps est une période critique pour les allergies saisonnières, avec une succession de réactions allergiques liées à la floraison des plantes.
Les démangeaisons cutanées sont une source de consultation fréquente, mais il est essentiel de ne pas les attribuer systématiquement à une allergie. C’est ce qu’a souligné le Dr Máximo Adamo, allergologue et dermatologue, lors d’une intervention sur Radio Chivilcoy, dans l’émission El Trapecio. Il a insisté sur la nécessité de bien identifier la cause des démangeaisons pour un traitement adapté.
« Tout ce qui démange n’est pas une allergie », a-t-il affirmé, expliquant que de nombreux patients se trompent et pensent souffrir d’allergies alors qu’ils sont atteints de gale, ou gale humaine. Cette affection, bien que très contagieuse, est bénigne et facile à traiter. Le Dr Adamo a toutefois précisé qu’un traitement efficace nécessite que tous les membres de la famille soient soignés simultanément pour éviter une récidive.
Pour reconnaître la gale, il faut rechercher l’apparition de minuscules boutons, de la taille d’une tête d’épingle, entre les doigts. Ces boutons provoquent des démangeaisons intenses et se propagent rapidement au sein du foyer. La transmission se fait par contact direct ou par le biais de linge contaminé, comme les draps ou les vêtements. Le traitement doit donc être appliqué sur l’ensemble du corps, du cou vers le bas, et concerner tous les membres de la famille.
Contrairement à une idée reçue, la gale n’est pas liée à une mauvaise hygiène. Elle peut toucher aussi bien les personnes négligeant leur hygiène personnelle que les familles particulièrement soignées. En réalité, un environnement trop propre peut même rendre le diagnostic plus difficile, car les symptômes sont alors moins marqués. L’important est de détecter rapidement la contagion et de suivre un traitement complet, incluant le lavage et l’isolement des vêtements.
L’utilisation massive de gel hydroalcoolique pendant la pandémie de COVID-19 a également eu des conséquences sur la peau. Si l’alcool était efficace contre les virus, son utilisation excessive a provoqué des dermatites, notamment en raison de la présence d’autres composants dans les gels. Le Dr Adamo recommande de privilégier un lavage régulier des mains à l’eau et au savon, considérant que l’alcool peut être un complément, mais ne remplace pas une hygiène de base.
Le Dr Adamo a également noté une augmentation des cas de gale depuis l’été, sans pour autant parler d’épidémie. Cette hausse serait liée aux voyages, aux contacts rapprochés et à un relâchement des habitudes d’hygiène post-pandémie.
En ce qui concerne les allergies, le printemps est une période particulièrement délicate. La floraison successive des arbres, des graminées et des mauvaises herbes provoque une cascade de réactions allergiques respiratoires qui peuvent persister jusqu’à l’été.
L’urticaire, quant à elle, peut être déclenchée par divers facteurs, dont le stress, mais aussi par des médicaments, des aliments, le froid, la chaleur ou les frottements. Le Dr Adamo a mentionné une forme particulière, le dermographisme, où le simple grattage de la peau provoque l’apparition de reliefs.
L’origine des allergies réside dans notre système immunitaire. Les anticorps, initialement destinés à combattre les parasites, peuvent, par manque d’occupation, réagir à des substances inoffensives comme le pollen ou certains aliments, déclenchant ainsi des réactions allergiques.
Le diagnostic d’une allergie peut s’avérer complexe, et dans près de la moitié des cas, la cause précise reste indéterminée. Cela peut être frustrant tant pour le patient que pour le médecin, mais avec patience et des examens appropriés, il est souvent possible d’identifier la cause et de mettre en place un traitement adapté.
Lors de l’émission, un auditeur a posé la question d’une possible allergie au fernet. Le Dr Adamo a confirmé qu’une telle allergie est possible, bien que rare, et pourrait être due à des colorants ou à des composants associés à d’anciennes allergies aux analgésiques. Des cas d’allergies croisées avec la bière artisanale ont également été signalés, mais restent isolés.
Une autre auditrice a fait part de son incapacité à boire de la bière après avoir reçu le vaccin contre la COVID-19. Le Dr Adamo a souligné la complexité de la question, compte tenu de la diversité des vaccins utilisés et des réactions individuelles possibles. Il a précisé qu’il s’agissait le plus souvent de coïncidences temporaires ou de légers phénomènes immunologiques, et a recommandé d’évaluer chaque cas individuellement sans s’alarmer.
En conclusion, le Dr Adamo a conseillé à la communauté de maintenir des habitudes simples : se laver les mains régulièrement, aérer les pièces, éviter l’automédication et consulter un médecin en cas de démangeaisons persistantes. Il a également souligné le rôle important des médias, comme la radio, dans la prévention et l’information en matière de santé.
Dr Máximo Adamo – Allergologue et dermatologue
Centre Médical Santa María – Radio Chivilcoy
