Publié le 17 décembre 2025 08h17:00. Une étude récente révèle qu’une part importante de la population hésite à consulter un médecin face aux premiers signes de démence, souvent confondus avec les effets normaux du vieillissement. Cette hésitation peut retarder un diagnostic et un accompagnement essentiels.
- Seulement 15 % des personnes consultent un médecin dès l’apparition des premiers symptômes.
- Plus d’un tiers (33 %) des participants à l’étude attendent plus d’un mois avant d’en parler à qui que ce soit.
- La peur d’un diagnostic et son impact social sont des freins majeurs à la consultation.
Selon une étude menée par l’Association Alzheimer, la reconnaissance des premiers symptômes de la démence reste un défi majeur. Beaucoup de personnes attribuent des troubles de la mémoire, des difficultés de concentration ou des changements d’humeur à l’âge, retardant ainsi une prise en charge potentiellement bénéfique. L’étude, qui a interrogé 1 100 personnes, met en lumière une hésitation généralisée à consulter un professionnel de santé.
Les résultats sont préoccupants : 23 % des personnes interrogées attendent plus de six mois avant de consulter un médecin, tandis que 11 % déclarent ne jamais exprimer leurs inquiétudes, même face à des signes évidents. Un tiers des participants (33 %) ne partagent leurs symptômes avec personne pendant plus d’un mois.
Cette réticence s’explique en partie par la confusion entre les signes de la démence et les changements liés à l’âge. Les experts soulignent que des difficultés à suivre une conversation, des problèmes de concentration ou une perte de mémoire ne sont pas nécessairement des conséquences inévitables du vieillissement. Ignorer ces symptômes peut avoir des conséquences graves sur la santé.
L’étude révèle également que la peur du jugement et l’appréhension d’un diagnostic négatif dissuadent de nombreuses personnes de consulter. 16 % des participants ont admis éviter le médecin par crainte d’un impact sur leurs relations sociales, et 44 % craignaient d’être considérés comme alarmistes ou de ne pas être pris au sérieux par leur entourage.
L’Association Alzheimer a identifié sept symptômes précoces importants qui doivent alerter :
- Difficulté à suivre les conversations
- Difficulté à se concentrer
- Troubles de la mémoire
- Problèmes d’audition
- Oublis fréquents
- Sautes d’humeur
- Difficulté à effectuer des mouvements
Kate Lee, directrice générale de l’Association Alzheimer, insiste sur la nécessité de briser les tabous et de faire face à la réalité de la démence :
« Nous ne pouvons pas éluder le mot “démence”. Il est crucial de reconnaître cette réalité et de ne pas ignorer les symptômes. »
Kate Lee, directrice générale de l’Association Alzheimer
Elle encourage vivement les personnes qui remarquent des symptômes précoces à consulter un médecin sans délai, rappelant que l’association met à disposition des outils d’auto-évaluation pour faciliter la première consultation.
Il est important de distinguer les symptômes de la démence des changements cognitifs liés à l’âge normal :
Symptômes de la démence :
- Mauvais jugement et difficultés à prendre des décisions
- Difficulté à gérer un budget
- Confusion concernant les dates et les saisons
- Difficulté à participer à des conversations
- Perte fréquente d’objets et incapacité à les retrouver
Signes du vieillissement normal :
- Prise de mauvaises décisions occasionnelles
- Oubli rare d’une facture ou d’un paiement
- Oubli temporaire de la date du jour
- Difficulté occasionnelle à trouver le mot juste
- Perte occasionnelle d’objets
