Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une nouvelle molécule expérimentale, l’IC7Fc, pourrait ouvrir la voie à un traitement combiné contre le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires, deux affections chroniques souvent liées. Des recherches précliniques prometteuses indiquent que ce médicament pourrait réduire simultanément le cholestérol et l’inflammation, des facteurs clés dans le développement des problèmes cardiaques.
- L’IC7Fc a démontré une capacité à diminuer l’accumulation de graisse et de cholestérol chez des souris prédisposées aux maladies cardiovasculaires.
- Contrairement à d’autres études, les effets bénéfiques du médicament ont été observés sur des souris de poids normal, suggérant une action indépendante de la perte de poids.
- Les chercheurs estiment que l’IC7Fc pourrait offrir une « double protection » en agissant à la fois sur le métabolisme et sur le risque cardiovasculaire.
Des scientifiques du centre médical de l’université de Leiden, aux Pays-Bas, en collaboration avec l’université Monash en Australie, ont publié ces résultats encourageants dans la revue Science Advances. L’étude se concentre sur l’IC7Fc, une molécule qui semble agir sur plusieurs fronts dans la lutte contre les maladies métaboliques et cardiovasculaires.
Les chercheurs ont constaté que l’IC7Fc réduisait significativement l’accumulation de triglycérides et de cholestérol dans le sang des souris. Plus important encore, le médicament a limité la formation de plaques d’athérome – ces dépôts graisseux qui rétrécissent les artères et entravent le flux sanguin vers le cœur, augmentant ainsi le risque d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux.
Le professeur Mark Febbraio, de l’Institut Monash des Sciences Pharmaceutiques et responsable de la recherche, souligne l’importance de ces découvertes :
« L’athérosclérose, le processus de ‘colmatage’ des artères, reste la principale cause de maladies cardiovasculaires dans le monde. Même avec les traitements actuels pour abaisser le cholestérol et la tension artérielle, le risque reste élevé pour de nombreux patients. Nos résultats montrent que l’IC7Fc pourrait agir d’une nouvelle manière de prévention. »
Mark Febbraio, professeur à l’Institut Monash des Sciences Pharmaceutiques
Ce qui distingue cette étude des précédentes, c’est qu’elle a été menée sur des souris génétiquement prédisposées à un taux de cholestérol élevé, mais dont le poids était normal. Dans les études antérieures, l’IC7Fc avait déjà montré des effets positifs sur le contrôle du diabète de type 2, notamment en réduisant l’appétit et en favorisant la perte de poids. Or, dans ce nouveau contexte, le médicament n’a eu aucun impact sur le poids ou la consommation alimentaire, ce qui suggère que ses effets bénéfiques sur le métabolisme lipidique sont indépendants de la perte de poids.
Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles perspectives thérapeutiques. L’IC7Fc pourrait ainsi offrir une approche innovante pour les personnes souffrant à la fois d’obésité et de diabète de type 2, mais également pour celles qui, bien que de poids normal, présentent un risque cardiovasculaire accru.
Il est important de noter que l’IC7Fc est actuellement en phase expérimentale et n’a pas encore été approuvé pour une utilisation clinique chez l’homme. Cependant, les chercheurs sont optimistes et estiment que ces résultats constituent une avancée significative dans le développement de thérapies capables de cibler simultanément les maladies métaboliques et cardiovasculaires. Plus d’informations sur le site de l’Université Monash.