Home NouvellesTransition écologique : deux journées d’échanges entre laboratoires de part et d’autre du Rhin | Savoirs

Transition écologique : deux journées d’échanges entre laboratoires de part et d’autre du Rhin | Savoirs

by Nicolas Lefèvre

Les laboratoires de recherche universitaires multiplient les initiatives pour réduire leur impact environnemental, de la sobriété énergétique à l’évaluation précise de leur bilan carbone. Deux ateliers récents, à Fribourg-en-Brisgau et Strasbourg, ont permis un échange fructueux de bonnes pratiques entre chercheurs allemands, suisses et français.

À Strasbourg, le 18 novembre, des chercheurs allemands et suisses ont pu découvrir les méthodes employées par leurs collègues français pour établir le bilan carbone de leurs unités de recherche. Emmanuelle Perret (Observatoire astronomique de Strasbourg), Christelle Gruffaz (laboratoire Génétique moléculaire, génomique, microbiologie – GMGM) et Laurence Jouniaux (Institut Terre et environnement de Strasbourg – Ites) ont présenté leurs démarches respectives.

Laurence Jouniaux, directrice de recherche à l’Ites, a souligné l’avantage de disposer d’un outil dédié : « Nous avons la chance en France de disposer de l’outil 1point5*, qui a été développé par des chercheurs pour les laboratoires. » Cet outil permet une évaluation complète des facteurs d’émissions, notamment en téléchargeant directement les documents depuis les logiciels Sifac ou Geslab (CNRS). Il calcule également les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements, en fonction du mode de transport utilisé.

L’établissement d’un bilan carbone est une première étape essentielle pour identifier les leviers d’action : achats, déplacements, consommation énergétique, etc. Cependant, Laurence Jouniaux observe une certaine difficulté à mobiliser les équipes : « Il y a dans les labos une conscience générale des enjeux climatiques, mais une difficulté à prendre sa part de responsabilité. Il est difficile de changer les pratiques. » Pour surmonter cet obstacle, elle a organisé un atelier participatif au sein de son laboratoire, utilisant la méthode des chapeaux de Bono pour proposer, discuter et voter des actions concrètes de réduction de l’empreinte carbone.

À Fribourg, le 23 juin, les discussions se sont concentrées sur les économies d’énergie. Face à l’augmentation des coûts, l’Université de Fribourg a mis en œuvre des mesures pour réduire la consommation d’électricité dans ses bâtiments, en optimisant les usages sans entreprendre de travaux de rénovation lourds. Une meilleure gestion des expériences en physique a notamment permis de réaliser des économies significatives.

Un modèle de financement ingénieux a également été présenté : les subventions versées par le Land du Bade-Wurtemberg pour les travaux d’efficacité énergétique sont remboursées par les laboratoires grâce aux économies d’énergie réalisées.

Ces journées d’échange s’inscrivent dans le cadre de l’axe stratégique “Durabilité” d’Eucor, en coopération avec les missions Développement durable de l’Université de Strasbourg et de l’Université de Fribourg. Le projet, initié il y a environ un an, s’est élargi aux cinq universités Eucor, témoignant d’un intérêt croissant pour la question de la réduction de l’empreinte environnementale des activités de recherche.

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