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Transitions justes en Asie-Pacifique | Institut de l’altérité et de l’appartenance

by Clara Dubois

Publié le 10 décembre 2025 à 16h44. Une nouvelle étude de l’Othering & Belonging Institute de l’UC Berkeley révèle que les organisations de la région Asie-Pacifique sont à l’avant-garde des initiatives de transition juste, bien que l’utilisation explicite de ce terme reste limitée, et souligne la nécessité d’un financement et d’un soutien plus adaptés aux réalités locales.

  • L’étude met en évidence la diversité des approches de transition juste dans la région, allant du développement durable à la souveraineté alimentaire et à l’autodétermination des peuples autochtones.
  • Les organisations de la région Asie-Pacifique insistent sur la nécessité d’un financement sans restriction et à long terme, ainsi que d’un transfert de technologie et du respect de la souveraineté politique.
  • Les partenariats internationaux doivent évoluer vers des relations plus équitables, en amplifiant les voix et les connaissances des acteurs locaux.

La région Asie-Pacifique, confrontée depuis des décennies aux conséquences de la dégradation environnementale et de la vulnérabilité climatique, est aujourd’hui au cœur d’une course mondiale à la décarbonisation. Une étude approfondie menée par le Global Justice Program (GJP) de l’Othering & Belonging Institute de l’UC Berkeley, et intitulée Transitions justes Asie-Pacifique : évaluation des activités, des stratégies et des besoins des organisations climatiques, agroalimentaires et environnementales de la région Asie-Pacifique, explore les défis et les opportunités auxquels sont confrontés les acteurs locaux et régionaux dans la mise en œuvre de transitions justes.

L’étude, dont les résultats ont été publiés en décembre 2025, s’appuie sur une double méthodologie : une analyse de contenu en ligne portant sur 796 organisations réparties dans 60 pays et territoires de six sous-régions (Asie centrale, Asie de l’Est, Océanie, Asie du Sud, Asie du Sud-Est et Asie de l’Ouest), et une enquête approfondie auprès de 60 organisations climatiques, agroalimentaires et environnementales de la région. L’objectif était d’identifier comment le concept de transition juste (JT) et les cadres associés sont utilisés, ainsi que les besoins et les stratégies des organisations locales.

L’analyse révèle que l’utilisation explicite du terme « transition juste » reste limitée dans la région Asie-Pacifique. Les références à ce concept sont plus fréquentes dans les économies industrialisées (comme le Japon, la Corée du Sud et l’Australie) et dans les pays fortement dépendants des ressources naturelles (comme l’Indonésie et le Kazakhstan), où la décarbonisation et la transformation du secteur énergétique sont des priorités nationales. Dans d’autres contextes, les organisations privilégient des cadres alternatifs ou complémentaires, tels que le développement durable, la justice climatique, la souveraineté alimentaire, la réforme agraire, l’autodétermination des peuples autochtones et la protection de l’environnement.

Malgré cette utilisation variable de la terminologie, les principes et les pratiques de la transition juste sont largement répandus. Dans chaque sous-région, les organisations s’efforcent de renforcer leur pouvoir économique et politique afin de passer de systèmes extractifs à des systèmes régénératifs.

  • Asie centrale : Les initiatives au Kazakhstan, en Ouzbékistan, au Kirghizistan et au Tadjikistan se concentrent sur le développement durable, la sécurité de l’eau et les énergies renouvelables, souvent dans le cadre de politiques dirigées par l’État ou par des donateurs.
  • Asie de l’Est : Des pays comme la Chine, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan associent la politique environnementale à la modernisation et à l’équité économiques.
  • Océanie : Les nations insulaires sont en première ligne de l’adaptation au changement climatique et de la protection des territoires terrestres et marins, en mettant l’accent sur l’intendance autochtone et la décolonisation.
  • Asie du Sud : Les mouvements populaires en Inde, au Bangladesh, au Népal et au Sri Lanka se concentrent sur la souveraineté alimentaire, la résilience climatique et les moyens de subsistance ruraux.
  • Asie du Sud-Est : L’Indonésie, les Philippines et le Vietnam sont le théâtre d’une forte activité en faveur de la justice agraire, de la lutte contre la déforestation et de la transition énergétique.
  • Asie occidentale : Les États du Golfe et les pays voisins affichent un intérêt croissant pour les énergies renouvelables, tandis que les organisations de la société civile, notamment au Liban, en Palestine et en Jordanie, intègrent les enjeux climatiques dans des luttes plus larges pour la justice sociale et les droits du travail.

L’enquête menée auprès des organisations de la région Asie-Pacifique a révélé que leurs principales préoccupations concernent la hausse des températures, les pénuries d’eau, la pollution, l’érosion côtière et l’insécurité alimentaire. Les stratégies à court terme privilégient l’éducation, le plaidoyer et le renforcement des capacités locales, tandis que les stratégies à long terme visent une transformation systémique des économies vers la durabilité et l’autonomie.

Les organisations interrogées soulignent également la nécessité d’un changement de paradigme dans les partenariats internationaux. Elles estiment que les institutions du Nord doivent réorienter le financement climatique vers des initiatives conçues et contrôlées localement, fournir un financement à long terme sans restriction, soutenir le transfert de technologie et respecter la souveraineté politique des pays de la région. Elles appellent à des relations plus équitables, basées sur la solidarité, la réciprocité et la réparation des inégalités historiques.

Ce livre blanc démontre que les transitions justes en Asie-Pacifique sont multiples et ancrées dans la diversité politique, culturelle et écologique de la région. Pour soutenir ces transitions, il est essentiel d’écouter et de financer les organisations régionales selon leurs propres priorités et conditions. Téléchargez le rapport complet (PDF).

Remerciements : Les auteurs remercient Angela Saade, Aynabat Yaylymova et Hasriadi Masalam pour leur soutien dans la révision des questions de l’enquête, ainsi que Stephen Menendian de l’Othering & Belonging Institute pour sa relecture du livre blanc. Abigail Victoria Malakun et Huda Abdelnur ont contribué en tant qu’étudiantes chercheuses. La traduction de l’enquête a été assurée par Bassem Fayad (arabe), Surya Udayakumar (hindi), Hasriadi Masalam (indonésien) et CMM Translation (chinois mandarin, thaï et vietnamien). Marc Abizeid a assuré la relecture du rapport et Erfan Moradi la mise en page.

Illustration de la bannière : L’illustration a été créée par Sadhna Prasad pour ArtistsForClimate.org et redistribuée sous licence CC-BY-NC-SA 4.0.

Citation : Elsadig Elsheikh, Hossein Ayazi et Basima Sisemore, « Transitions justes en Asie-Pacifique : évaluation des activités, des stratégies et des besoins des organisations climatiques, agroalimentaires et environnementales de la région Asie-Pacifique » (Berkeley, Californie : Othering & Belonging Institute, décembre 2025), appartenant.berkeley.edu/asia-pacific-just-transitions.

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