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Transports, finances, armée, justice : aucun secteur épargné par la corruption en RCA, selon Robert Pané, cadre de la Haute Autorité de la bonne gouvernance

Publié le 09 janvier 2026. La corruption gangrène tous les secteurs de la République centrafricaine, des finances à l'armée en passant par la justice, selon un cadre de la Haute Autorité de la bonne gouvernance, malgré huit années…

Transports, finances, armée, justice : aucun secteur épargné par la corruption en RCA, selon Robert Pané, cadre de la Haute Autorité de la bonne gouvernance

Publié le 09 janvier 2026. La corruption gangrène tous les secteurs de la République centrafricaine, des finances à l’armée en passant par la justice, selon un cadre de la Haute Autorité de la bonne gouvernance, malgré huit années d’existence de cette institution chargée de la combattre.

  • La République centrafricaine se classe 149ème sur 180 au niveau mondial en matière de perception de la corruption, selon Transparency International (2024).
  • La Haute Autorité de la bonne gouvernance n’a enregistré aucune condamnation depuis sa création en 2017, malgré la constitution de nombreux dossiers.
  • La corruption est omniprésente, touchant les régies financières, les marchés publics, l’armée, la justice et même le secteur de l’éducation.

Huit ans après sa création, la Haute Autorité de la bonne gouvernance (HABG) se heurte à un bilan alarmant : aucune condamnation prononcée. Des dossiers ont été constitués, transmis aux autorités compétentes – le président de la République, l’Assemblée nationale – mais les suites se font attendre. Les rapports s’accumulent, tandis que les pratiques dénoncées persistent, illustrant un sentiment d’impunité généralisé.

Selon Robert Pané, cadre de la HABG, la corruption est systémique. Les détournements de fonds publics et l’utilisation abusive des biens de l’État sont monnaie courante au sein des régies financières. Dans le secteur des transports et des travaux publics, l’obtention des marchés publics se fait souvent contre des versements secrets. L’armée est également pointée du doigt pour une gestion déficiente de ses équipements et de ses approvisionnements. La justice, quant à elle, est paralysée par la lenteur de ses procédures, et l’éducation est souvent considérée comme le secteur le plus corrompu du pays.

La question de l’allocation budgétaire à l’armée, qui représente une part importante des dépenses nationales, soulève des interrogations. Si des détournements sont suspectés, pourquoi aucune enquête n’a abouti dans ce domaine sensible ? La réponse demeure insaisissable.

La justice, censée être le rempart contre la corruption, accumule les retards. Les procédures judiciaires avancent à un rythme qui laisse penser à une inaction délibérée plutôt qu’à une surcharge de travail. Ce sentiment d’impunité découle directement de cette paralysie.

Face à ce constat d’échec, la HABG annonce des réformes, notamment la création de juridictions spécialisées chargées de traiter les affaires de corruption en dehors des circuits habituels. Cependant, il est difficile de croire en l’efficacité de ces nouvelles structures alors que les institutions existantes, dotées de tous les pouvoirs légaux, n’ont produit aucun résultat concret en huit ans.

Sur le terrain, l’action de la HABG se limite essentiellement à Bangui et ses environs. L’absence d’antennes régionales et le manque de moyens de déplacement empêchent toute intervention dans les provinces, malgré les signalements qui parviennent de l’intérieur du pays. Cette immobilité géographique s’ajoute à l’immobilisme judiciaire.

Robert Pané souligne également la responsabilité des citoyens, citant l’exemple de l’éducation où certains usagers proposent spontanément des paiements pour obtenir des faveurs lors des examens. Cette analyse, bien que pertinente, tend à décharger les institutions de leur responsabilité. Or, il incombe précisément à une autorité de bonne gouvernance de briser ces cercles vicieux, et non de se contenter de les constater.

Depuis 2017, combien de fonctionnaires corrompus ont été sanctionnés ? Combien de dossiers ont été transmis de la HABG aux tribunaux ? Combien de condamnations ont été prononcées ? La réponse est sans appel : zéro. Ce bilan désolant se confirme d’année en année, corroboré par les classements internationaux qui témoignent de l’enlisement de la République centrafricaine dans la corruption.

Les dossiers continuent de circuler d’un bureau à l’autre, parfois pendant des mois, parfois des années.

Par Brahm Banaf….

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.